Ils ont beau être parmi les meilleurs étudiants étrangers de France, réputés pour leur sérieux, leur niveau et leur discipline, les jeunes Marocains qui ont fait le choix d’y poursuivre leurs études sont aujourd’hui promis à un parcours de plus en plus difficile et à un avenir beaucoup moins certain que celui des générations précédentes.
À tel point que l’avis commence à être largement partagé parmi les familles : la France n’est plus forcément la destination à privilégier.
En cette rentrée universitaire, de nombreux parents marocains qui en ont les moyens vivent un véritable parcours du combattant pour inscrire définitivement leurs enfants et surtout les installer dans des conditions acceptables.
Frais de scolarité, loyers exorbitants, cautions et garanties, coût de la vie, démarches administratives, visa, titres de séjour : la facture financière et psychologique devient particulièrement lourde.
Trouver un logement dans certaines grandes villes françaises relève désormais de l’exploit. Et après avoir dépensé des sommes considérables pour leurs études, les familles n’ont même plus la certitude que leurs enfants pourront construire sereinement leur avenir en France.
C’est là que le désenchantement est probablement le plus profond.
Pendant des décennies, étudier en France représentait pour de nombreux Marocains une voie royale : un enseignement réputé, un diplôme reconnu et la possibilité, une fois les études terminées, d’y acquérir une expérience professionnelle, voire de s’y installer.
Cette France-là semble progressivement s’éloigner.
La montée de l’extrême droite, le durcissement permanent du débat sur l’immigration et les étrangers ainsi que les incertitudes entourant les conditions de séjour après les études commencent forcément à peser dans les décisions familiales.
Certes, la France continue d’accueillir plus de 40.000 étudiants marocains et ses grandes écoles restent particulièrement attractives. Mais pour combien de temps ?
Car l’Espagne, l’Allemagne, le Canada, la Belgique et d’autres destinations avancent leurs arguments, tandis que l’offre universitaire privée et internationale se développe également au Maroc.
Le danger pour la France serait de croire que les étudiants marocains lui sont éternellement acquis.
Ils ne le sont plus.
Et des parents qui, hier, se demandaient dans quelle école française inscrire leur enfant commencent désormais à se poser une question autrement plus inquiétante pour Paris :
Pourquoi encore la France ?












Contactez Nous