À mesure que la campagne avance, Fouzi Lekjaâ imprime sa marque, son rythme et désormais ses métaphores au PAM. Vendredi à Azrou, le ministre délégué chargé du Budget a trouvé une formule appelée à marquer cette campagne : le Maroc doit désormais avancer à la vitesse du TGV.
Pas à celle des promesses renouvelées tous les cinq ans.
Et puisque le symbole électoral du PAM est le tracteur, Lekjaâ n’a pas résisté à prolonger l’image : beaucoup y sont déjà montés, il reste encore des places et ceux qui souhaitent embarquer sont les bienvenus.
Derrière la boutade se cache un message politique beaucoup plus sérieux.
À douze jours des législatives du 23 septembre, le PAM veut donner l’impression d’une machine désormais lancée à pleine vitesse. Et Fouzi Lekjaâ apparaît de plus en plus comme celui qui en tient le volant.
Son discours d’Azrou reprend les grandes promesses sociales du programme : pouvoir d’achat, école, santé, emploi des jeunes, accompagnement des entrepreneurs et relèvement à 3.000 dirhams du minimum proposé pour les pensions de retraite.
Mais Lekjaâ ne veut surtout plus parler de promesses.
Il préfère parler de chiffres, d’engagements et de résultats sur lesquels le parti pourrait demain être jugé.
DU TRACTEUR AU TGV
La formule du TGV est politiquement habile.
Elle permet au PAM de reprendre son vieux symbole du tracteur, associé à sa naissance et à son identité électorale, tout en lui donnant une nouvelle image : celle d’un parti qui ne veut plus avancer lentement dans les champs de la politique, mais prétend désormais foncer sur les rails du développement.
En somme, Lekjaâ rêve de faire atteindre au tracteur du PAM la vitesse du TGV.
Reste évidemment à savoir si la mécanique suivra.
Car promettre un Maroc avançant à grande vitesse suppose de répondre à une contradiction majeure : comment accélérer lorsque l’école, l’hôpital, l’emploi et le pouvoir d’achat restent précisément les domaines dans lesquels une partie importante de la population estime que le pays n’avance pas assez vite ?
Lekjaâ répond par l’ambition. Il évoque même pour l’éducation et la santé des classements parmi les meilleurs au monde. Une barre volontairement placée très haut.
Cette stratégie correspond au personnage politique qu’il est en train de construire : moins idéologique que gestionnaire, volontiers technocratique, chiffres en main et obsédé par l’exécution.
Sa longue intervention devant la CGEM la veille l’avait déjà montré. Il y avait défendu une croissance moyenne de 5 %, une forte baisse de l’impôt sur le revenu, une place accrue accordée à l’investissement privé et le maintien des équilibres budgétaires.
LEKJAÂ PREND LE VOLANT
Mais Azrou confirme surtout une autre évolution de cette campagne : Fouzi Lekjaâ ne se contente plus de défendre le programme du PAM.
Il l’incarne de plus en plus.
Meeting après meeting, il occupe l’espace, porte les principales propositions économiques et sociales et devient progressivement le visage national de la campagne du parti.
Son invitation lancée à Azrou est d’ailleurs révélatrice : le tracteur est déjà bien rempli, mais les portes restent ouvertes.
Une manière de mobiliser les indécis, mais également de suggérer que la dynamique serait désormais du côté du PAM.
Le 23 septembre dira si cette impression se transforme en bulletins de vote.
Car même lancé à pleine puissance, un tracteur ne devient pas un TGV par la seule force d’un slogan.
Pour y parvenir, il lui faudra des électeurs, des rails et surtout une destination crédible.












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Je plussoie que ce sont de belles intentiions mais dire « une place accrue accordée à l’investissement privé » dévoile le projet ultra-libéral de ce parti. Il est disqualifié. Carton rouge.