Il aura fallu près de huit années de contestation pour que le Maroc tourne définitivement la page du GMT+1. Dimanche 20 septembre, à 2 heures du matin, les horloges reculeront de soixante minutes. Cette fois, il ne s’agit pas d’un changement saisonnier : le GMT redevient l’heure légale du Royaume et le décret de 2018 instaurant l’heure supplémentaire permanente est abrogé.
Une décision que beaucoup de Marocains réclamaient depuis longtemps. Parents d’élèves, salariés et citoyens ont régulièrement dénoncé une heure jugée inadaptée au rythme de vie, particulièrement durant l’hiver. Une pétition réclamant son abandon avait même dépassé les 250.000 signatures.
Officiellement, Aziz Akhannouch explique le revirement par la volonté de répondre aux attentes des citoyens, après discussion au sein de la majorité gouvernementale.
Mais difficile d’ignorer le calendrier politique.
Le GMT+1 disparaîtra le 20 septembre, en pleine campagne électorale et seulement trois jours avant les législatives du 23 septembre. La date du scrutin était pourtant connue depuis mars, tandis que la campagne officielle se déroule du 10 au 22 septembre.
À défaut de preuve permettant d’affirmer que cette proximité a déterminé la décision gouvernementale, son effet politique est évident : elle retire de fait à l’opposition un sujet particulièrement facile à exploiter dans les meetings.
Maintenir jusqu’au scrutin cette heure supplémentaire largement contestée aurait offert aux adversaires de la majorité un symbole simple : celui d’un gouvernement resté sourd pendant des années à une revendication populaire.
En la supprimant avant le passage aux urnes, l’exécutif désamorce ce grief au moment où il pouvait devenir électoralement encombrant.
Les Marocains, eux, retiendront surtout qu’ils retrouveront dimanche une heure qu’une grande partie d’entre eux n’avait jamais cessé de considérer comme la leur.
Une heure de moins sur les montres, mais aussi un argument de moins dans la campagne électorale.
Par Abdelrhni Bensaid












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