Les deux sujets sont à dissocier dans l’actualité, mais ils se retrouvent associés, à des degrés divers, dans les discours de la campagne électorale.
La grande majorité des partis, malgré des sensibilités parfois très éloignées, ont tout d’abord trouvé un point commun dans leurs programmes en invoquant les origines et les conséquences de la crise migratoire, mais également les solutions à trouver pour que ne se répètent plus des situations aussi douloureuses que les assauts de milliers de jeunes candidats à l’immigration irrégulière. Celui du 30 juillet dernier est resté dans les mémoires et a sérieusement empoisonné les relations avec Madrid. Ces événements ont été largement condamnés et ont aussi alimenté les critiques contre le gouvernement sortant d’Aziz Akhannouch, pris de court par l’ampleur exceptionnelle de la crise.
Sur un autre plan, plusieurs partis ont choisi de bifurquer, dans leurs sorties de campagne, vers un tout autre dossier, dans une tentative de racolage électoral qui ne dit pas son nom : celui de l’annonce, toujours non confirmée officiellement, de l’ouverture prochaine d’une ambassade israélienne à Rabat et d’une autre, marocaine cette fois-ci, à Tel-Aviv.
Sans attendre cette confirmation ou cette infirmation, le PJD a fait de la normalisation avec Israël un véritable thème électoral. Son programme pour les législatives affiche d’ailleurs explicitement son rejet de toute normalisation avec l’État hébreu.
Plusieurs formations se sont dites fermement opposées à un approfondissement de cette normalisation, mais la voix la plus forte et la plus insistante reste celle du chef du parti islamiste. Abdelilah Benkirane a multiplié les mises en garde sur cette question, s’érigeant une nouvelle fois en tête de file du combat contre la normalisation avec Israël et allant jusqu’à mettre en cause les intentions de ses adversaires politiques, notamment celles qu’il prête au PAM en cas de victoire.
Le sujet possède évidemment un fort potentiel électoral à quelques jours du scrutin du 23 septembre.
Reste pourtant une grande absente des discours de cette campagne électorale : la Gen Z. Une génération dont le malaise, les difficultés d’accès à l’emploi, les attentes sociales et, pour certains, le désir de partir à l’étranger sont précisément au cœur de plusieurs des problèmes dont débattent aujourd’hui les partis.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que des candidats issus de cette génération tentent en 2026, parfois pour la première fois, l’expérience électorale avec l’ambition de décrocher un siège au Parlement.
Entre Ceuta, Israël et les préoccupations d’une jeunesse que chacun cherche à séduire sans toujours parvenir à lui parler, cette fin de campagne montre surtout combien les sujets les plus sensibles du moment sont devenus, eux aussi, des arguments électoraux.












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