Le document tient sur une page presque entièrement blanche. Quelques lignes seulement, mais une conclusion aussi sèche que surprenante : « Les admis : aucun ». Pour l’année universitaire 2026-2027, pas un seul candidat n’aurait donc été retenu pour intégrer le master « Droit international et pratique diplomatique », en temps aménagé, à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d’Agdal, relevant de l’Université Mohammed V de Rabat.
Ce résultat interpelle nécessairement. Dans un pays qui compte des milliers de diplômés en droit, en relations internationales et en sciences politiques, faut-il comprendre qu’aucun postulant ne possédait les compétences requises ? Aucun dossier suffisamment solide, aucun candidat capable de réussir les différentes étapes de la sélection ?
Une telle hypothèse paraît difficile à accepter sans explications complémentaires. Certes, un jury universitaire doit préserver le niveau académique d’une formation et demeure libre de ne retenir personne si les exigences minimales ne sont pas satisfaites. L’accès à un master ne saurait devenir automatique. Mais lorsque la sélection aboutit à un zéro absolu, la question ne concerne plus uniquement le niveau des candidats. Elle touche également aux critères retenus, à l’organisation du concours et peut-être même à la conception de la formation.
Combien de candidatures ont été déposées ? Combien de postulants ont été présélectionnés ? Une épreuve écrite ou orale a-t-elle été organisée ? Une note éliminatoire particulière a-t-elle été appliquée ? Le master ouvrira-t-il malgré tout ou sera-t-il suspendu faute d’étudiants ? Sur tous ces points, le document ne fournit aucune précision.
Cette absence d’explication nourrit naturellement les interrogations. Soit le niveau général des candidats est jugé alarmant, ce qui constituerait un signal préoccupant pour l’enseignement supérieur marocain, soit les conditions de sélection étaient tellement restrictives qu’elles ont fini par éliminer tout le monde. Une troisième possibilité ne peut être écartée : des considérations administratives ou pédagogiques pourraient avoir conduit à ne pas ouvrir cette formation cette année.
Dans les trois cas, une communication plus détaillée de l’établissement paraît indispensable. Les candidats ont consacré du temps à préparer leurs dossiers et, éventuellement, à passer les épreuves. Ils sont en droit de connaître les raisons précises d’un résultat aussi exceptionnel.

Le Maroc ne manque certainement pas de jeunes diplômés compétents. Si aucun d’entre eux n’a pu intégrer ce master consacré au droit international et à la diplomatie, il faut alors expliquer pourquoi. Car derrière les deux mots « لا أحد » — « personne » — se pose une question beaucoup plus large : évaluons-nous mal nos étudiants ou notre université ne parvient-elle plus à former et à attirer les profils qu’elle recherche ?












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