Les artères et les rues de plusieurs villes du pays avaient des airs de dépotoirs après le passage de milliers de jeunes chargés, contre 200 DH par jour, de distribuer des tonnes de flyers et de tracts vantant les mérites des candidats. Certains semblaient avoir reçu une consigne : inonder l’espace public.
En cette fin de campagne, l’objectif paraissait être d’écouler tous les exemplaires, sans égard pour la propreté des villes. À cette pollution de papier se sont ajoutées les nuisances sonores : mégaphones utilisés à outrance, troupes folkloriques mobilisées sans discernement. Dans plusieurs centres urbains, des cortèges ont même bloqué la circulation aux heures de pointe, retenant les automobilistes pendant de longues minutes pour leur imposer un programme électoral.
Quel exemple un candidat donne-t-il lorsqu’il commence par imposer sa campagne à ceux qu’il prétend représenter ? Son parti partage la responsabilité de ces méthodes, qui ont exaspéré des citoyens attachés à la propreté de leur ville et à la tranquillité de leur quartier. À Casablanca, un candidat et ses équipes sont même venus faire campagne devant un hôpital. L’intéressé aurait encouragé ses partisans à crier plus fort son nom et à entonner un hymne à sa gloire, au mépris du calme dû aux patients.
Dans ce désordre de fin de campagne, un exemple mérite toutefois d’être relevé : celui de la députée sortante Nabila Mounib, du PSU. Ses équipes ont mené cette dernière journée avec organisation, discrétion et respect des passants.
Le geste était simple, mais parlant : déposer les tracts dans des enveloppes portant le logo de la candidate et demander aux passants la permission de leur consacrer quelques minutes pour présenter son programme. Une manière de faire cohérente avec la retenue qui caractérise généralement ses prises de parole et ses activités politiques.
La campagne électorale est un moment de débat. Elle devrait aussi être une démonstration de civisme.












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