À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, une voiture percute deux personnes près du siège du Parti du progrès et du socialisme (PPS) à El Jadida, puis prend la fuite. L’une des victimes est grièvement blessée. La scène, survenue mardi soir et filmée, se propage rapidement sur les réseaux sociaux. Avec elle, une question : s’agit-il d’un accident ou d’un acte visant un candidat ?
Aymane Bayazid, tête de liste du PPS dans la circonscription, raconte que son équipe venait de regagner le siège du parti après une tournée de campagne. Selon son témoignage, la voiture, qu’il décrit comme dépourvue de plaques d’immatriculation, aurait d’abord heurté une personne, fait demi-tour, puis percuté une seconde personne avant de disparaître. Le candidat, qui se trouvait à proximité, estime que l’enchaînement des faits pourrait révéler un acte délibéré. Il s’agit, à ce stade, de son interprétation des événements.
Le parquet d’El Jadida avance une autre conclusion sur la base des premiers résultats de l’enquête. Dans un communiqué diffusé mercredi, le procureur du roi indique que les informations présentant l’incident comme une tentative de « liquidation » d’un candidat sont infondées. Selon ces premiers éléments, les faits relèvent d’un accident de la circulation suivi d’un délit de fuite, sans lien avec un différend électoral. Les investigations se poursuivent pour établir l’ensemble des circonstances et les responsabilités.
Cette affaire illustre la vitesse à laquelle une image peut prendre un sens politique en période électorale. Le lieu, la date et le récit du candidat ont nourri les soupçons ; ils ne suffisent pas, à eux seuls, à démontrer un mobile. La mise au point du parquet répond à cette interprétation, sans effacer la gravité des blessures ni la nécessité d’éclaircir la fuite du conducteur.
Pour les deux victimes et leurs proches, l’enjeu dépasse la polémique née de la vidéo. Il faut connaître les circonstances exactes de la collision, retrouver ou identifier le conducteur et établir les conséquences judiciaires de ses actes. Dans l’attente des conclusions de l’enquête, c’est sur ces faits que doit rester l’attention.












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