À Tanger, quelques minutes avant la fermeture des bureaux, les électeurs arrivaient encore. Au lycée Mehdi Ben Barka, dans l’arrondissement de Bni Makada, comme dans d’autres centres suivis par Medi1 TV, la fréquentation a gagné en intensité en fin de journée. Après des heures d’affluence inégale, l’image tranche : le vote n’avait pas dit son dernier mot à 17 heures.
À cette heure-là, le ministère de l’Intérieur annonçait 28,05 % de participation nationale. Deux heures restaient avant la clôture du scrutin. Elles ne suffisent pas à elles seules à raconter l’élection, mais elles interdisent de transformer ce pointage en verdict. Combien de Marocains ont attendu de sortir du travail, de terminer leurs obligations ou simplement le dernier moment pour se rendre aux urnes ? La réponse dépendra du chiffre final, qui n’était pas encore publié au moment de rédiger ces lignes.
Ce vote tardif raconte aussi quelque chose du rapport des citoyens à la politique. Certains choisissent sans hésiter et votent dès le matin. D’autres repoussent leur décision, ou leur déplacement, jusqu’au soir. Il serait hasardeux de prêter la même motivation à tous ces électeurs. Leur arrivée rappelle néanmoins que la participation se joue parfois loin des meetings et des appels répétés des partis, dans les contraintes ordinaires d’un mercredi.
L’enjeu dépasse la seule bataille des sièges. 15,8 millions d’électeurs inscrits étaient appelés à choisir les 395 membres de la Chambre des représentants. Les partis connaîtront bientôt leurs gains et leurs pertes ; ils devront aussi regarder combien de citoyens se sont déplacés pour les départager.
La scène observée à Tanger ne permet pas de conclure à un sursaut dans tout le Royaume. Elle offre en revanche la bonne question pour cette fin de soirée électorale : le Maroc a-t-il simplement voté tard, ou a-t-il trop peu voté ? Le taux définitif permettra de trancher.











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