À New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le Maroc et le Chili ont franchi une étape dans leur rapprochement économique. Nasser Bourita et son homologue chilien, Francisco Pérez Mackenna, ont signé le 21 septembre des termes de référence destinés à encadrer les négociations d’un accord de libre-échange. Le document ouvre la voie aux discussions ; il ne constitue pas encore un accord commercial et ne modifie, à ce stade, aucun droit de douane.
Cette signature prolonge un travail engagé depuis plusieurs mois. En juin, les deux pays avaient exprimé leur volonté de construire un cadre favorisant les échanges de biens et de services ainsi que les investissements. En août, leurs autorités sanitaires avaient conclu un protocole visant à faciliter, notamment, le commerce de produits alimentaires. Santiago affiche un intérêt particulier pour le marché marocain et pour les possibilités d’accès à d’autres marchés africains.
Les échanges restent modestes, ce qui explique à la fois l’intérêt et les incertitudes du projet. Selon les chiffres publiés par l’administration chilienne, le commerce bilatéral s’élevait à 80,3 millions de dollars en 2025. Le Chili a notamment vendu au Maroc des noix, des raisins secs et des produits de la mer. Un meilleur accès au marché pourrait accroître ces flux, mais les négociateurs devront déterminer quels produits et services ouvrir, à quel rythme et sous quelles conditions.
Pour Rabat, l’enjeu sera de transformer l’ouverture commerciale en débouchés pour ses propres entreprises. Les discussions devront donc porter autant sur les possibilités d’exportation marocaines que sur les concessions demandées par le Chili, en particulier dans l’agroalimentaire. Les règles d’origine, les exigences sanitaires et les modalités d’investissement pèseront, elles aussi, sur l’intérêt réel d’un futur accord. Signer un cadre de négociation est une avancée diplomatique ; obtenir un échange équilibré sera l’épreuve économique.
Le dossier possède également une dimension politique. Dans leur communiqué commun, les deux ministres ont associé le renforcement de leurs relations au soutien exprimé par le Chili à la souveraineté du Maroc sur le Sahara et à la perspective d’une coopération économique dans cette région. Diplomatie et commerce progressent ainsi de concert, même si la portée concrète des engagements économiques reste à négocier.
Le Chili n’est pas le seul partenaire à souhaiter approfondir ses échanges avec le Royaume. La Chine a proposé un accord de libre-échange, dont Rabat étudie encore les conséquences possibles pour son industrie ; la Corée du Sud explore de son côté les secteurs susceptibles de faire l’objet d’un partenariat économique. Ces démarches n’en sont pas toutes au même stade. Elles placent néanmoins le Maroc devant une question commune : comment élargir ses marchés sans fragiliser ses capacités de production ?












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