Ayant judicieusement prévu la montée en puissance de la formation du Tracteur, qui vient d’effectuer une belle percée en écartant son rival, le RNI, de la route vers la prise de l’Exécutif, Nizar Baraka et son Istiqlal sont restés à l’affût pour demeurer au gouvernement.
Ayant annoncé de vive voix sa rupture avec le RNI avant la date des élections, les héritiers de la pensée du nationaliste et érudit Allal El Fassi ont vite compris que le vent allait tourner et qu’il fallait changer de voilure, en prenant les devants et en se rangeant du côté du futur vainqueur des élections législatives, donné favori à l’avance : le PAM.
La manœuvre habile et la chance qui lui a souri lui permettent désormais non seulement d’envisager avec assurance de se maintenir au gouvernement pour peser sur les politiques publiques dont il avait la charge dans le gouvernement Akhannouch, mais également d’obtenir plus de postes ministériels dans des secteurs stratégiques, en assurant au PAM une aide précieuse dans l’aboutissement des politiques condensées dans son programme électoral, avec des mesures sans précédent.
Ce coup de poker, car c’en est un, ou plutôt ce « quitte ou double » pour certains, s’est élaboré parallèlement à des transformations judicieuses dans la manière d’aborder la campagne électorale, en accompagnant le tout d’une politique interne apaisée et discrète pour revenir jouer les premiers rôles sur la scène politique, en affichant à son compteur l’obtention de 65 sièges au Parlement. Ceux-ci viendront former une majorité gouvernementale avec les 97 députés du PAM, en attendant de la compléter avec des forces d’appoint de manière à s’assurer une majorité stable et forte au Parlement.
Débarrassés du RNI et de son emprise envahissante dans le précédent gouvernement, qui fait ses valises aujourd’hui, les deux alliés, qui semblent bien s’entendre sur l’essentiel, pourront travailler en bonne entente pendant les cinq prochaines années sur un programme commun plein de volontarisme.












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