Ce sera la question qui taraudera tous les esprits : le PAM n’a-t-il vraiment pas d’autre solution que de s’allier avec celui que ses militants considèrent comme leur adversaire le plus redoutable, Abdelilah Benkirane ? Tout au long de la campagne électorale, le leader du PJD n’a cessé d’attaquer les responsables du PAM, allant jusqu’à leur promettre une défaite cuisante dans les urnes.
Soucieuse de construire une majorité gouvernementale stable, la direction du PAM a pourtant laissé entendre qu’elle ne fermerait la porte à aucun parti, malgré les attaques essuyées pendant la campagne. Cette ouverture pourrait-elle aller jusqu’au PJD ? Benkirane s’est empressé d’écarter une participation à un gouvernement dirigé par le PAM. Reste à voir si cette position sera maintenue lorsque les instances de son parti auront à se prononcer sur les alliances.
Sur le plan arithmétique, une telle entente serait suffisante si l’Istiqlal s’y associait : les 97 sièges du PAM, les 65 de l’Istiqlal et les 54 du PJD représenteraient 216 sièges. Il ne serait donc pas nécessaire d’ajouter l’USFP et ses 26 élus, ni le PPS et ses 19 élus, pour franchir le seuil de la majorité. Leur participation répondrait à un autre objectif : élargir la base politique du gouvernement, au prix de négociations plus complexes sur son programme.
Mais une majorité de sièges ne suffit pas à garantir cinq années de cohabitation sereine. Entre le PAM et le PJD, les affrontements de campagne ont été trop vifs pour disparaître dès l’ouverture des consultations. Benkirane pourrait réclamer des engagements précis sur les dossiers sociaux restés en suspens sous le gouvernement sortant. Le PAM, de son côté, devrait éviter qu’une négociation destinée à stabiliser son gouvernement ne finisse par lui faire perdre la maîtrise de son programme.
L’alliance est donc possible en chiffres. En politique, elle serait l’une des plus difficiles à faire vivre.












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