La scène en dit long sur la profondeur de la crise. Jeudi 24 septembre, à peine Benyamin Netanyahou arrivé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, des dizaines de délégués se sont levés et ont quitté la salle. Le Premier ministre israélien a poursuivi son discours, mais l’image de ces sièges désertés avait déjà fait le tour du monde.
Netanyahou était venu défendre la conduite de la guerre à Gaza et répondre aux critiques visant Israël. Il a choisi la confrontation, s’en prenant à des dirigeants européens, au Qatar, à la Turquie et au maire de New York, Zohran Mamdani. À ses yeux, son pays est injustement mis en accusation. Pour les délégations qui ont quitté la salle, rester assises aurait donné l’impression d’écouter un discours qu’elles entendaient précisément contester.
Vu du Maroc, cette scène ne se réduit pas à un coup d’éclat diplomatique. Elle ramène au premier plan une question que les discours ne peuvent effacer : quel avenir politique pour les Palestiniens ? Rabat réaffirme son soutien à un État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, vivant en paix aux côtés d’Israël. Cette position officielle donne la mesure de l’écart entre la recherche d’un règlement politique et la poursuite de la guerre.
Le geste accompli à l’ONU a sa force, mais aussi sa limite. Quitter une salle exprime un refus ; cela ne protège aucun civil et ne rapproche, à lui seul, les parties d’un accord. Il appartient désormais aux États qui condamnent la guerre de traduire leur protestation en démarches diplomatiques capables de peser sur le terrain.
Netanyahou a pu prononcer son discours jusqu’au bout. Mais les départs qui l’ont accompagné rappellent qu’il ne suffit plus, pour Israël, de défendre sa guerre devant le monde : il lui faut répondre à ceux qui demandent comment elle peut finir, et ce qu’il adviendra ensuite du peuple palestinien.



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