Mounir Lymouri assure qu’il reviendra à Tanger « dans les prochains jours ». Depuis l’Espagne, où il dit s’être rendu pour rencontrer des partenaires commerciaux, le maire de la ville dément avoir pris la fuite. Sa déclaration intervient alors que l’enquête sur des bulletins de vote découverts à l’école Al Qods, le jour des législatives du 23 septembre, continue de secouer la capitale du détroit. Le calendrier de son retour et les suites judiciaires éventuelles restent à connaître.
Le président du conseil communal, également responsable provincial du Parti authenticité et modernité (PAM) à Tanger-Assilah, affirme avoir quitté le Maroc normalement. Il soutient qu’au moment de son départ, il n’avait reçu aucune convocation et ne faisait l’objet d’aucune mesure qui l’empêchait de voyager. Il promet désormais de se présenter devant la justice et de répondre aux questions qui lui seront posées. Ce sont, à ce stade, les déclarations de Mounir Lymouri : elles ne permettent pas, à elles seules, de trancher les informations contradictoires qui circulent sur l’existence d’un avis de recherche le concernant.
L’enquête, elle, porte sur des faits précis. Selon le communiqué du procureur général du Roi près la cour d’appel de Tanger, les investigations ouvertes après la découverte d’un sac contenant des bulletins de vote ont conduit à l’interpellation de cinq personnes : deux présidents de bureaux de vote, leurs deux adjoints et une cinquième personne. Quatre suspects ont été présentés au parquet ; le cinquième se trouvait encore en garde à vue au moment du communiqué.
D’après les premiers éléments communiqués par le parquet, un adjoint aurait soustrait des bulletins avec l’aide du président de son bureau, les aurait emportés hors de l’établissement dans un sac, puis ramenés vers deux bureaux de vote. Les enquêteurs ont également relevé une différence entre l’encre figurant sur les bulletins saisis et celle utilisée dans les bureaux. Le parquet a demandé l’ouverture d’une instruction judiciaire pour des soupçons d’atteinte aux opérations de vote, de faux et de participation à ces faits. Ces constatations relèvent de l’enquête ; elles ne constituent pas un jugement de culpabilité.
La question qui agite désormais Tanger est celle d’éventuelles responsabilités au-delà des personnes interpellées. L’appartenance partisane du maire et les rumeurs sur son voyage ne prouvent aucune implication personnelle dans la manipulation présumée des bulletins. À l’inverse, sa promesse de revenir ne clôt pas les interrogations. Seule la poursuite de l’instruction permettra d’établir qui a agi, dans quel but et si d’autres personnes ont participé aux faits.
Dans une affaire qui touche directement à la confiance dans le vote, la clarté est aussi importante que la rapidité. Les électeurs ont besoin de connaître les conclusions de l’enquête, tandis que chaque personne mise en cause doit pouvoir faire valoir sa défense. Pour Mounir Lymouri, le prochain fait décisif sera son retour annoncé et, le cas échéant, son audition par les autorités judiciaires.












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