La rentrée s’annonce brûlante chez les deux principaux voisins européens du Maroc. Ce mardi, la France connaît une journée de grève dans la fonction publique, accompagnée de rassemblements et de blocages de lycées. En Espagne, la crise du logement pousse des manifestants à occuper les places publiques. Deux colères de nature différente, mais une même réalité pour Rabat : ce qui secoue Paris et Madrid finit rarement par rester sans écho de ce côté-ci de la Méditerranée.
En France, le mouvement éclate à la veille de la présentation du projet de budget 2027. Les agents publics protestent contre les économies envisagées et réclament de meilleures conditions de travail. Les lycéens, eux, dénoncent le manque de personnel et les difficultés rencontrées dans leurs établissements. Plus de 170 rassemblements sont annoncés à travers le pays. Cette mobilisation met le gouvernement sous pression à quelques mois de l’élection présidentielle, même s’il serait prématuré d’y voir déjà un nouveau mouvement des « gilets jaunes ».
En Espagne, l’expulsion très médiatisée d’une femme de 87 ans a donné un visage à une crise du logement qui couvait depuis longtemps. Des manifestants campent à Madrid et demandent une meilleure protection des locataires. Le gouvernement de Pedro Sánchez propose de nouvelles mesures, mais devra convaincre un Parlement fragmenté de les adopter.
Pour le chef du gouvernement espagnol, ce front social s’ajoute à celui de Sebta. Le Parti populaire et Vox exploitent la crise migratoire pour réclamer des élections anticipées et durcir leurs attaques contre Madrid, parfois en prenant directement le Maroc pour cible. Il faut toutefois distinguer ces deux contestations : la colère sur le logement interpelle également la gauche au pouvoir, tandis que Sebta nourrit surtout l’offensive de la droite et de l’extrême droite.
Le Maroc a donc deux raisons de suivre cette rentrée de près. Il doit préserver ses relations avec la France et l’Espagne, tout en restant attentif au climat dans lequel vivent ses ressortissants, particulièrement lorsque l’immigration s’invite dans les campagnes politiques. Rien ne permet de prédire aujourd’hui l’issue des scrutins de 2027. Mais une question se dessine déjà : quelle place le Maroc occupera-t-il dans les débats de ses voisins lorsque la colère sociale cédera la place aux batailles électorales ?












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