La portée historique de la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri ne suffit pas à convaincre Nabila Mounib. Pour la dirigeante du Parti socialiste unifié, membre de l’Alliance de gauche, l’arrivée d’une femme à la tête du gouvernement doit être jugée à l’aune du projet qu’elle porte, des politiques qu’elle entend conduire et du bilan de son parti.
S’exprimant devant la presse, en marge d’une conférence de l’Alliance de gauche à Casablanca consacrée aux résultats des législatives, Mounib a reconnu la force symbolique d’une telle nomination dans une société qu’elle décrit comme marquée par la domination masculine. Elle estime toutefois que cette avancée ne peut être dissociée du respect des libertés, de la justice sociale et territoriale, ainsi que de l’État de droit.
Pour elle, la modernité politique exige davantage qu’un changement à la tête de l’Exécutif : elle suppose des garanties démocratiques et une amélioration concrète des conditions de vie des Marocains.
Tout en souhaitant la réussite à la nouvelle cheffe du gouvernement, Nabila Mounib a demandé dans quelle direction cette réussite devait s’inscrire. Elle appelle à une rupture avec les choix auxquels le PAM a participé au sein du gouvernement sortant, dont elle conteste les orientations.
Son principal reproche porte sur l’absence, à ses yeux, d’une reddition des comptes préalable. Fatima Ezzahra El Mansouri ayant elle-même exercé des responsabilités ministérielles, Mounib réclame un bilan présenté aux citoyens. Elle a également formulé des accusations de corruption visant le PAM et contesté son indépendance politique, sans que les éléments fournis permettent d’établir ces accusations.
Abdessalam El Aziz, secrétaire général du parti de la Fédération de la gauche, a adopté une lecture voisine. Il considère positivement la nomination d’une première femme à la tête du gouvernement, mais rappelle que l’égalité se mesure aussi à l’accès des femmes à l’emploi et à leurs droits. Selon lui, environ 80 % des Marocaines ne travaillent pas, un chiffre avancé dans son intervention.
Il a par ailleurs dénoncé ce qu’il présente comme l’usage de l’argent pour influencer le scrutin et des manipulations des résultats. Ces affirmations relèvent de sa contestation politique et nécessitent des éléments probants pour être établies.
La gauche entend ainsi déplacer le débat : au-delà de la première historique, elle réclame des engagements précis, un bilan et des comptes.












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