805 dirhams pour remplir un réservoir de 50 litres. Pour de nombreux Marocains, ce montant impose désormais un arbitrage : réduire les déplacements, reporter une dépense ou rogner sur un budget familial déjà serré. Le passage du gasoil au-dessus de 16 dirhams le litre transforme chaque arrêt à la station-service en nouvelle épreuve pour le portefeuille.
Les tarifs indicatifs relevés ce 1er octobre à Casablanca atteignent 16,10 dirhams chez certaines enseignes et 16,18 dirhams chez d’autres, avec des différences selon les distributeurs et les localités. La dernière hausse, d’environ 80 centimes par litre, ajoute à elle seule 40 dirhams à un plein de 50 litres. Une dépense qui se répète pour les salariés dépendant de leur voiture et les professionnels dont l’activité exige des déplacements quotidiens.
Cette flambée s’inscrit dans une crise énergétique internationale. Dans l’Union européenne, le prix moyen du gazole atteignait déjà 2,23 euros le litre selon les données publiées le 24 septembre, un sommet dans la série disponible depuis 2005. Les tensions au Moyen-Orient et les perturbations des approvisionnements entretiennent la pression sur les marchés.
Mais le constat européen ne console pas les ménages marocains. Un prix à la pompe s’évalue aussi à l’aune du revenu disponible. Lorsque le logement, l’alimentation, la scolarité et les factures absorbent l’essentiel du salaire, quelques dizaines de dirhams supplémentaires finissent par compter lourd.
Importateur de produits pétroliers, le Maroc reste exposé aux variations internationales. Les cotations du gasoil raffiné, les frais de transport, la fiscalité et les marges de distribution participent à la formation du prix final. Cette réalité explique une partie de la hausse ; elle rend également nécessaire une information claire sur ce que paie le consommateur.
Car la facture dépasse les automobilistes. Transporteurs, agriculteurs, livreurs, artisans et petites entreprises doivent absorber des charges supplémentaires. Ceux qui ne peuvent les supporter risquent de les répercuter sur leurs prestations ou leurs marchandises. Le renchérissement du gasoil peut ainsi atteindre jusqu’aux familles qui ne possèdent aucune voiture.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste à empêcher ce choc énergétique de se diffuser davantage dans le quotidien. La transparence des prix, le contrôle de la concurrence et le ciblage des soutiens doivent produire des effets perceptibles, tout en évitant de promettre une protection sans limites budgétaires.
Au-delà de 16 dirhams le litre, la question devient pressante : quelle marge reste-t-il aux Marocains pour absorber une nouvelle hausse ? À la pompe comme dans les commerces, c’est la capacité des revenus à suivre le coût de la vie qui se trouve mise à l’épreuve.












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