Un à un, les chefs des partis pressentis pour la prochaine majorité gouvernementale défilent avec leurs délégations au siège du PAM à Rabat, à l’invitation de la nouvelle cheffe de l’Exécutif, avec l’objectif de tâter le terrain et d’évaluer les intentions.
Point commun des visiteurs, après avoir été chaleureusement accueillis : la méfiance et l’attentisme, qui se poursuivront au moins jusqu’à la fin de la semaine, le temps que les impressions et les conclusions des entretiens se décantent, et surtout dans l’attente de l’avis de pure forme des parlements des formations, car les jeux semblent déjà faits.
Le visiteur le plus attendu ce jeudi à 17 heures n’est autre que le leader de la formation islamiste du PJD, Abdelilah Benkirane, ou, en son absence, son numéro deux, pour un échange sans perspective d’aboutissement puisque le PJD a déjà statué sur sa non-participation au prochain gouvernement. Madame Mansouri tentera tant bien que mal de former celui-ci en un temps record, avec surtout la nécessité de s’appuyer sur une majorité confortable au Parlement, pour laquelle elle n’aura guère l’embarras du choix.
À l’issue de ces rendez-vous, dont la fin est prévue ce jeudi en fin d’après-midi, la cheffe du gouvernement et son état-major devraient être davantage éclairés sur la configuration du prochain Exécutif. Entre le refus du PJD et les tâtonnements imprévisibles du RNI, les deux formations pourraient, malgré les sourires et les promesses de façade, mener la vie dure au gouvernement, au PAM et à sa direction. Rien ne permet toutefois d’affirmer qu’elles se sont entendues pour agir ainsi.
Il ne restera alors à la cheffe de l’Exécutif qu’à envisager une configuration reposant sur le binôme Mansouri-Lakjâa, ce dernier pouvant jouer le rôle de chef bis, avec des responsabilités élargies pour le leader de l’inévitable Istiqlal. S’y ajouterait le soutien de l’USFP, en échange de deux ou trois portefeuilles, ainsi que celui du Mouvement populaire, gratifié du même nombre. L’affaire pourrait ainsi être bouclée sans trop de conséquences immédiates. Mais pour l’instant seulement, car le mandat de Madame Mansouri et de son équipe ne sera pas de tout repos : c’est le moins que l’on puisse envisager.



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