Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a exhorté, ce jeudi, les alliés européens à libérer immédiatement des quantités supplémentaires de leurs réserves stratégiques de diesel, afin de contenir la flambée des prix et de résoudre les perturbations d’approvisionnement, à la veille de discussions européennes prévues vendredi au sujet de cette crise.
Bessent a déclaré sur les réseaux sociaux, selon l’agence France-Presse : « Nos partenaires européens doivent se hâter de respecter leurs engagements existants et sécuriser immédiatement des approvisionnements supplémentaires pour faire face aux perturbations persistantes. »
Cet appel intervient alors que la pression américaine s’intensifie sur l’Europe pour qu’elle augmente son offre de carburant, à un moment où l’Union européenne examine les moyens de se coordonner avec Washington afin d’atténuer les prix et de garantir la continuité des approvisionnements.
L’agence Reuters a rapporté, citant des sources, que l’administration du président Donald Trump avait fait pression sur la France et l’Allemagne pour qu’elles libèrent leurs stocks de diesel, menaçant d’imposer des restrictions sur les exportations américaines si ces pays ne réagissaient pas. L’une des sources a précisé que Washington avait demandé à l’Union européenne de mettre sur le marché 120 millions de barils sur une période de six mois, soit plus de 40% des réserves d’urgence européennes de diesel et de gazole, selon des calculs de l’agence fondés sur des données d’Eurostat.
La France et l’Allemagne concentrent ensemble près de 35% de ces réserves, selon les données rapportées par Reuters.
De son côté, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a indiqué avoir évoqué la pénurie d’approvisionnement en diesel et la hausse de ses prix avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, affirmant la volonté de l’Europe de traiter cette crise de manière coordonnée. Il a averti qu’une restriction des exportations américaines aurait des effets négatifs sur l’économie européenne, ajoutant : « Nous avons tout intérêt à travailler ensemble pour faire baisser les prix », selon Reuters.
Le commissaire européen à l’Energie, Dan Jorgensen, a déclaré à la chaîne Euronews que la libération des réserves stratégiques demeurait l’une des options disponibles, précisant que les consultations impliquaient les membres de l’Agence internationale de l’énergie, et non les seuls Etats-Unis. Il a expliqué que l’Union européenne coordonnait les positions, mais que la décision de puiser dans les réserves revenait à chaque Etat membre.
Selon Euronews, la guerre en Iran ainsi que la baisse des capacités de raffinage ont pesé sur les approvisionnements et fait grimper les prix. Les pays européens avaient déjà participé, en mars dernier, à une action coordonnée sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie, visant à mettre sur le marché 400 millions de barils de réserves mondiales de pétrole et de carburant, la part européenne représentant près d’un cinquième du total.
Le Maroc n’échappe pas à cette dynamique haussière mondiale. Le Royaume a connu, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, une nouvelle révision tarifaire bimensuelle marquée par une hausse de 0,80 dirham par litre pour le gasoil et de 0,39 dirham pour l’essence. À Casablanca, le litre de gasoil s’établit désormais entre 16,10 et 16,13 dirhams, contre environ 15,30 dirhams auparavant, franchissant ainsi pour la première fois le seuil symbolique des 16 dirhams le litre.
Depuis la mi-juillet, la hausse cumulée atteint près de 3,54 dirhams par litre pour le gasoil, au terme de plusieurs révisions successives. Face à cette flambée, les autorités marocaines ont tenu à se montrer rassurantes quant au niveau des réserves nationales, confirmant que le Royaume dispose de stocks stratégiques de gasoil et de gaz butane couvrant entre 40 et 60 jours de consommation, tout en maintenant son dispositif de soutien au secteur du transport routier face à la hausse des coûts des hydrocarbures.












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