Depuis hier soir, peu avant minuit, les compteurs des distributeurs de carburants affichent de nouveaux prix, ajustés pour la énième fois en trois mois, sans pitié.
Le gasoil ne connaît plus de répit. Son prix, dépassant désormais celui de l’essence, accentue son avance dans cette course folle sur fond de crise du détroit d’Ormuz, pour franchir depuis ce matin, à la surprise générale, le seuil fatidique de 16,15 dirhams. Celui de l’essence augmente également pour tourner autour de 15,60 DH. Le même jour, le gouvernement sortant, chargé d’expédier les affaires courantes, décidait de poursuivre les subventions aux professionnels du transport pour colmater les brèches et maintenir la paix sociale. Car plus le temps passe, plus les garde-fous vacillent et tombent un à un, laissant dans leur sillage un héritage des plus coûteux.
Le passage de relais avec le prochain gouvernement Mansouri se présente donc avec ce cadeau empoisonné : des subventions accordées à certains secteurs, mais pas à d’autres. De plus, Akhannouch s’en va en laissant cette lourde ardoise énergétique, alors qu’il est lui-même lié à l’un des principaux groupes privés de distribution de carburants. Son gouvernement n’aura pas réussi, ni par la réflexion ni par l’action, à anticiper suffisamment les conséquences de cette grave crise économique, marquée par des risques de perturbation des approvisionnements et par des prix à l’achat comme à la vente qui s’envolent à intervalles réguliers sur les marchés internationaux.
La relance de l’activité de la seule raffinerie du pays pourrait constituer une piste pour le nouvel Exécutif, à condition qu’elle se traduise par des engagements concrets. Sa remise à niveau ne pourrait toutefois pas intervenir du jour au lendemain. Elle ne supprimerait pas non plus la nécessité d’importer du pétrole brut, dont l’approvisionnement demeure exposé aux tensions internationales.
Le retour à une situation plus stable dépendra notamment de l’évolution du conflit dans le Golfe, dont l’issue reste incertaine, à moins qu’une percée diplomatique ne vienne éclaircir cet horizon à court et à moyen terme. Car la bataille énergétique est déjà engagée, et ses conséquences continuent de se faire sentir jusque dans le portefeuille des Marocains.
Par Jalil Nouri












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