Meknès envoie six représentants à la Chambre des représentants au terme des législatives du 23 septembre 2026. Le PJD, le Mouvement populaire, l’Union constitutionnelle, l’Istiqlal, le PAM et le RNI remportent chacun un siège. Cette diversité dessine une représentation sans domination partisane, mêlant expérience parlementaire, responsabilités communales et implantation économique. Ces élus représentent la circonscription locale de Meknès, qui comprend également les communes de la préfecture, au-delà du seul territoire urbain.
Les résultats placent Abdellah Bouanou en tête avec 18 024 voix, devant Abdelkader Labriki, 16 148 voix, et Abbas Loumghari, 14 266 voix. Viennent ensuite Hassan El Yémni, 10 396 voix, Anas El Ansari, 9 741 voix, et Ahmed Tahiri, 6 541 voix. Chaque liste obtient un siège.
Abdellah Bouanou — PJD : l’expérience de l’opposition
Médecin de profession, ancien maire de Meknès et figure nationale du PJD, Abdellah Bouanou dispose d’une double expérience municipale et parlementaire. Il a dirigé le groupement parlementaire de son parti durant la législature précédente, intervenant régulièrement dans les débats économiques et budgétaires. Son arrivée en tête lui donne un poids politique local appréciable. Dans une opposition que le PJD entend poursuivre, son défi sera de conjuguer critique nationale et défense concrète des dossiers de Meknès.
Abdelkader Labriki — Mouvement populaire : une implantation durable
Homme d’affaires et membre du bureau politique du Mouvement populaire, Abdelkader Labriki retrouve le Parlement avec le deuxième résultat de la circonscription. Son parcours s’appuie sur plusieurs mandats et une présence ancienne dans la vie politique locale. Ses interventions parlementaires ont notamment porté sur les routes, le désenclavement et les équipements éducatifs de la préfecture. Cette connaissance du territoire constitue un atout, mais elle appelle aussi une évaluation des résultats obtenus pour les communes et leurs habitants.
Abbas Loumghari — Union constitutionnelle : le retour du maire au Parlement
Président du conseil communal de Meknès depuis novembre 2024, Abbas Loumghari possède déjà une expérience de député. Son parcours comporte une particularité : après son élection à la tête de la commune, il avait démissionné de la Chambre des représentants en raison de l’incompatibilité entre les deux fonctions, constatée par la Cour constitutionnelle. Son retour parmi les élus de 2026 remet donc au premier plan l’articulation de ses responsabilités locales et parlementaires, ainsi que les règles applicables à leur exercice.
Hassan El Yémni — Istiqlal : l’ancrage dans les communes périphériques
Député sortant et président de la commune de Sidi Slimane Moul El Kifane, Hassan El Yémni conserve une place dans la représentation de Meknès. Son implantation rappelle que les enjeux de la circonscription dépassent ceux du centre-ville. Les besoins en infrastructures, les déplacements et l’accès aux services concernent également les communes voisines. Reconduit par l’Istiqlal après des discussions internes sur l’investiture, il devra porter ces attentes dans le travail législatif et le contrôle gouvernemental.
Anas El Ansari — PAM : une responsabilité dans le parti arrivé en tête
Anas El Ansari remporte le siège du PAM à Meknès. Son élection assure au parti une présence dans une circonscription où cinq autres formations disposent du même nombre de députés. Dans ce paysage fragmenté, il devra construire une visibilité fondée sur son activité parlementaire. La capacité à défendre les projets locaux, à suivre les engagements publics et à rendre compte de son mandat sera plus déterminante que la seule appartenance au parti vainqueur national.
Ahmed Tahiri — RNI : un parcours politique et économique ancien
Ancien élu du PPS passé au RNI, Ahmed Tahiri possède un parcours lié à la représentation politique et au monde des affaires. Il est notamment associé dans une société de promotion immobilière. Son retour intervient après que ses enfants Badr et Sofia ont successivement siégé au Parlement sous l’étiquette du RNI durant la précédente législature. Cette continuité familiale souligne son implantation ; elle renforce également l’attente d’un mandat évalué sur ses réalisations et sa disponibilité auprès des citoyens.
Une représentation plurielle, une responsabilité commune
Ces six députés auront des positions différentes sur le prochain gouvernement. Ils partagent néanmoins une responsabilité : faire entendre les besoins de Meknès. Emploi des jeunes, transports, santé, valorisation du patrimoine et développement économique doivent nourrir des interventions suivies et des propositions précises. Leur diversité peut devenir une force s’ils savent défendre ensemble les dossiers structurants de la préfecture. Elle perdra son intérêt si les rivalités partisanes prennent le dessus. Les habitants jugeront leurs représentants sur leur présence, leur travail et leur capacité à obtenir des réponses.



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