Le temps semble s’être arrêté au siège du PAM, où les tractations se sont poursuivies hier, lundi, avec la visite des leaders de l’USFP et du PPS, sans que l’on connaisse précisément la teneur des échanges. Il semble toutefois que les discussions soient entrées dans la phase de répartition des portefeuilles ministériels. Mais pourquoi ces deux formations seulement ? S’agirait-il de gagner du temps avant d’affronter les exigences plus gourmandes du premier allié potentiel, l’Istiqlal ?
Si les deux premières formations disposent d’une marge de négociation limitée et pourraient devoir accepter les départements proposés, proportionnellement à leurs résultats électoraux, il en va autrement pour le parti dirigé par Nizar Baraka. Maillon fort de la majorité envisagée, l’Istiqlal viserait la présidence de la Chambre des représentants et pourrait en faire une condition de sa participation au gouvernement.
Alors qu’Abdellatif Ouahbi était présenté comme un favori pour la présidence de la Chambre des représentants, avec la perspective de faire face à une opposition réunissant les islamistes du PJD et les libéraux du RNI, des concurrents pourraient surgir au sein même de son parti. Parmi les noms évoqués figure celui du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Bensaid, qui souhaiterait lui disputer ce poste avec le soutien supposé de la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri. Si elle se confirmait, cette lutte fratricide promettrait du spectacle !
Mais, dans tous les cas de figure, le candidat retenu par le PAM pourrait croiser sur son chemin Nizar Baraka, dont le nom est également évoqué pour cette fonction prestigieuse. En position de force, le leader de l’Istiqlal pourrait faire de cette exigence une condition de son soutien au parti du tracteur.
La marge de manœuvre du PAM serait alors d’autant plus étroite qu’un rapprochement avec le RNI paraît compromis. Si le parti de la colombe confirmait son passage dans l’opposition, il pourrait se retrouver aux côtés du PJD, malgré les profondes divergences entre les deux formations. Sans constituer nécessairement une alliance, cette convergence pourrait nourrir une volonté commune de rendre au PAM la monnaie de sa pièce, chacun pour ses propres raisons.
En tout état de cause, le temps consacré au choix des alliés retarde l’entrée dans le vif du sujet : l’architecture du gouvernement et l’élaboration de son programme commun. À l’approche de l’ouverture du Parlement, vendredi prochain, en présence du Roi Mohammed VI, les montres politiques semblent loin d’être réglées à la même heure. Au point de laisser planer une question : le nouvel Exécutif sera-t-il constitué d’ici là ?












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