Sans se précipiter dans les approximations ni brûler les étapes, alors que le nouveau gouvernement en est encore au stade des conciliabules pour sa composition, le PAM, appelé à le diriger, peut déjà envisager son avenir politique en évitant les mêmes erreurs que celles du mandat d’Aziz Akhannouch, dont ce dernier et son RNI ont payé le prix fort.
Premier piège à éviter : celui des conflits d’intérêts, au sein de la formation du tracteur comme dans les partis prenant le train en marche. Il faudra en préserver la future alliance pour ne pas offrir de prises aux attaques d’une opposition dans laquelle le PJD aiguise déjà ses couteaux pour mener la vie dure au PAM. Si l’alliance envisagée avec l’Istiqlal, l’USFP et le PPS se concrétise, cette Koutla ressuscitée devra donner une véritable dimension sociale au gouvernement, au-delà d’une simple coloration politique, et contribuer à solidifier la majorité.
Le premier test du nouvel Exécutif tiendra à la manière dont le ministre chargé de sa communication saura présenter ses engagements, puis ses réalisations, dans un langage de proximité qui parle aussi bien aux populations urbaines qu’aux habitants du monde rural. Il lui faudra surtout éviter d’utiliser à toutes les sauces la rhétorique des « disparités territoriales », trop abstraite lorsqu’elle ne s’accompagne pas de réponses concrètes.
Il appartiendra également à la nouvelle cheffe de l’Exécutif, dont le sympathique parler marrakchi sait séduire les foules, de rendre la vie parlementaire moins ennuyeuse en apportant davantage de réponses qui rassurent et moins de promesses qui finissent dans les tiroirs. L’annonce évoquée de la création d’un observatoire du coût de la vie et des produits de grande consommation ne suffirait pas, à elle seule, à marquer une rupture avec la méthode de son prédécesseur, fragilisé par des effets d’annonce et des contradictions. Encore faudrait-il que cet outil débouche sur des décisions perceptibles dans le panier des ménages.
L’autre écueil à contourner, au cours des années qui nous séparent du Mondial 2030, sera de tout rapporter à cet événement et à ses préparatifs, en minimisant les difficultés quotidiennes des Marocains. Le rendez-vous footballistique ne saurait devenir une réponse automatique aux inquiétudes sur l’emploi, les soins, l’école ou le pouvoir d’achat.
Enfin, il ne faudra pas laisser passer l’occasion de faire émerger une culture citoyenne et civique durable, dont les bénéfices accompagneront les retombées économiques et sociales du Mondial. Puisque l’appellation de ce gouvernement est rattachée à cet événement, pourquoi ne pas parler désormais du « gouvernement Mansouri du Mondial » ? À condition que les Marocains y trouvent leur place autrement qu’en spectateurs.












Contactez Nous