Les contours du prochain gouvernement marocain se précisent, mais les négociations n’ont pas encore livré leur conclusion officielle. Ce mardi 6 octobre, la combinaison associant le PAM à l’Istiqlal, à l’USFP et au PPS demeure le scénario privilégié dans les informations disponibles. À ce stade, aucune annonce publique retrouvée ne permet toutefois de présenter cette coalition comme définitivement constituée, ni de confirmer la composition ministérielle du futur Exécutif.
La principale évolution tient au contenu des discussions : au-delà du choix des partenaires, les échanges aborderaient désormais l’organisation du gouvernement. Une architecture reposant sur des ensembles ministériels cohérents serait envisagée, afin de confier aux formations participantes des responsabilités sectorielles articulées plutôt que des portefeuilles dispersés. Cette orientation reste néanmoins soumise aux arbitrages et aux validations politiques.
Le PPS avance, sans engagement définitif confirmé
Réuni en session extraordinaire ce mardi, le Comité central du PPS constitue une étape importante. Devant ses membres, Nabil Benabdallah a demandé de confier au Bureau politique un mandat pour gérer la prochaine phase des consultations. Il a souligné les convergences apparues au fil des échanges, tout en reconnaissant la difficulté du choix de participation.
Le parti met notamment en avant des mesures concrètes en faveur des catégories vulnérables et des classes moyennes. Mais la demande d’un mandat de négociation ne saurait être confondue avec une décision définitive d’entrée au gouvernement : les éléments disponibles ne permettent pas encore de confirmer cette dernière.
L’USFP doit encore respecter son calendrier interne
Du côté de l’USFP, un retour dans la majorité se précise également. Son Bureau politique doit examiner l’état des pourparlers ce mardi à 17 heures. Un Conseil national serait ensuite attendu samedi 10 octobre pour se prononcer.
Driss Lachgar a cependant rappelé que son mandat actuel porte sur la conduite des discussions et l’information des instances du parti. La décision finale appartient au Conseil national. Ce calendrier constitue un élément majeur : si cette réunion se tient samedi comme envisagé, elle interviendrait après l’ouverture du Parlement, prévue vendredi 9 octobre.
Une majorité possible, mais une marge limitée
Selon les décomptes publiés, l’alliance PAM–Istiqlal–USFP–PPS réunirait 207 députés, soit neuf sièges au-dessus du seuil de majorité absolue fixé à 198. Cette configuration serait suffisante sur le plan numérique, tout en exigeant une discipline solide entre ses composantes. Les informations évoquant deux portefeuilles pour le PPS et deux pour l’USFP restent, pour leur part, des indications de coulisses, sans valeur d’attribution officielle.
Fatima Ezzahra El Mansouri poursuit parallèlement ses échanges avec d’autres formations. Elle a reçu ce mardi Mohamed Joudar, secrétaire général de l’Union constitutionnelle, et Abdessamad Archane, dirigeant du Mouvement démocratique et social. Ces consultations maintiennent ouverte la question d’un élargissement, sans permettre de conclure à leur intégration dans la future majorité.
Le scénario privilégié laisserait le RNI à l’extérieur du gouvernement. Les réserves rapportées de partenaires potentiels renforcent cette hypothèse, mais elles ne remplacent pas une clarification officielle du positionnement de chaque parti.
La négociation entre donc dans une phase plus concrète, sans être achevée. Pour El Mansouri, l’enjeu dépasse désormais l’addition des sièges : il faut obtenir des engagements fermes, construire un programme commun et répartir les responsabilités sans fragiliser l’alliance avant sa naissance.
L’ouverture parlementaire exerce une pression politique sur les discussions. Elle ne permet toutefois pas d’annoncer une nomination imminente. Une majorité peut se dessiner dans les entretiens ; sa solidité ne se vérifiera qu’une fois les décisions assumées publiquement. Et sa crédibilité dépendra ensuite de sa capacité à transformer ce compromis entre partis en réponses aux attentes des Marocains.



Contactez Nous