Alors que les graves soulèvements des lycéens, rejoints par les étudiants depuis une semaine, font tache d’huile à présent en Europe, notamment en Belgique, pour faire planer les craintes d’un vaste mouvement international comme en 1968, les établissements relevant de la mission française craignent l’étincelle de trop, et ils sont les seuls pour l’instant, en raison du fait que leur système est intimement lié à celui de l’Hexagone.
Beaucoup moins, en apparence en tout cas pour l’instant, concernant l’enseignement public marocain, où les élèves ne portent que peu d’intérêt aux revendications qui font sortir quotidiennement les élèves ayant décidé le blocus de leurs lycées à travers toute la France. Mais on ne sait jamais, à l’heure des réseaux sociaux et de l’aggravation des affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité.
Car tout peut basculer avec des syndicats ouvriers et des enseignants prêts à entrer en rébellion contre le gouvernement et le président français en cette période préélectorale. Les revendications n’ont rien d’anormal ni d’excessif, pour se résumer aux conditions de la scolarité et des contenus pédagogiques, mais ne sont pas loin d’être politisées par l’intrusion de la formation de LFI, venue s’immiscer dans la crise et la complexifier dangereusement, pour se voir accusée d’inciter à l’anarchie et à la violence antipolicière.
Les lycées marocains et les universités, malgré les nombreuses difficultés dans leur fonctionnement habituel, ne donnent pour l’instant aucun signe de contamination par la grave crise. Et les incidents ayant fait en France des milliers d’interpellations d’adolescents embarqués, menottés, dans des paniers à salade, ne sont pas des images à voir au Maroc, où les nouveaux ministres concernés ne sont pas encore en fonction.
Il ne faut pas oublier, dans ce cadre, que le système public marocain est déjà sous tension avec la controverse sur les écoles pionnières, ne faisant pas l’unanimité.












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