Curieuse situation que vit actuellement la scène politique nationale, toujours concentrée sur la date d’un accord final sur la formation de la nouvelle équipe gouvernementale, sur la base d’une majorité dont les contours ne sont pas toujours définis à première vue.
Le décor planté et le scénario en cours des tractations menées par la vaillante cheffe de l’Exécutif et coordinatrice générale du parti vainqueur des élections du 23 septembre, Fatima Zohra Mansouri, montrent à eux seuls un changement de méthode et d’esprit dans l’approche suivie depuis une semaine. Le PAM, qui dirigera la coalition, semble reporter à plus tard, curieusement et dans la discrétion, le débat en interne sur la répartition des postes. Tout au plus, il ne filtre que le projet de répartir la future équipe gouvernementale en plusieurs pôles ramassés pour éviter la surcharge de postes et prôner l’économie. Il est de forte impression que les choix sont faits.
Curieuse restera également la position des partis appelés à assurer l’appoint de sièges au Parlement, qui se perdent en convocations de leurs bureaux politiques, de leur comité central, de leurs conseils nationaux, comme s’ils avaient déjà reçu de la part de la cheffe du prochain gouvernement des propositions sur le nombre de postes qui leur reviendront, et à eux de proposer des noms et de prendre leurs responsabilités.
La démarche et les décisions qui en résulteront sont à l’origine de ce retard préjudiciable et inutile qui empêche Madame Mansouri de proposer sa liste et la composition finale de sa majorité au roi Mohammed VI avant l’ouverture du Parlement, qu’il présidera vendredi. Quelques jours de plus ou de moins, rien ne presse pour voir le bout du tunnel qui, malgré tout, prendra moins de temps que le gouvernement formé en 2021 par un Aziz Akhannouch désormais revenu à ses affaires privées.
Par Jalil Nouri











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