Le renouvellement des élus ne suffira pas à renouveler la confiance. Ce vendredi 9 octobre, la rentrée parlementaire ouvre une séquence décisive pour le Maroc : transformer les équilibres issus des élections législatives du 23 septembre en décisions capables de répondre aux préoccupations des citoyens. Alors que les consultations gouvernementales se poursuivent, la nouvelle Chambre des représentants doit organiser ses travaux sans perdre de vue les urgences sociales.
L’élection de son président, l’installation de ses instances et la constitution des groupes parlementaires permettront de traduire les rapports de force électoraux. Mais la répartition des responsabilités ne doit pas absorber toute l’énergie des formations politiques. Une majorité durable exige davantage qu’une addition de sièges : un programme cohérent, des engagements partagés et une capacité à arbitrer les désaccords.
Le projet de loi de Finances 2027 constituera le premier examen de cette cohérence. Préparé dans un contexte de transition gouvernementale, il obligera le prochain Exécutif à articuler continuité de l’action publique et nouvelles priorités. Financement des services publics, soutien à l’emploi, protection du pouvoir d’achat et investissements devront trouver leur traduction dans les crédits proposés.
Ce débat budgétaire doit surtout permettre de poser une question : quels résultats attendre des dépenses engagées ? Les besoins des territoires ruraux, des zones montagneuses et des oasis doivent peser dans les arbitrages. La justice territoriale se mesurera à l’accès effectif aux soins, à l’éducation, aux infrastructures et aux perspectives économiques.
D’autres dossiers sensibles attendent leur traduction législative, notamment la réforme du Code de la famille et les évolutions de la législation pénale. Leur calendrier dépendra toutefois des textes effectivement soumis aux députés. Ces chantiers éprouveront la capacité des groupes à débattre avec rigueur, au-delà des postures partisanes.
L’emploi des jeunes devra également occuper une place centrale. Interroger les dispositifs existants, évaluer leurs résultats et rapprocher les formations des besoins économiques constituent des responsabilités parlementaires essentielles.
La nouvelle Chambre sera finalement jugée sur son utilité. La majorité doit soutenir l’action gouvernementale tout en la contrôlant ; l’opposition doit proposer autant qu’interpeller. Avec une participation électorale provisoirement annoncée à 38,08 %, reconquérir la confiance exige des preuves. Des lois applicables, des budgets lisibles et un suivi sérieux des politiques publiques compteront davantage que les discours. Cette législature doit faire du contrôle parlementaire un outil d’amélioration du quotidien, plutôt qu’un rendez-vous sans lendemain.












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