Des écarts entre les capitaux reçus de l’étranger et les investissements effectivement réalisés auraient conduit l’Office des changes à engager des contrôles approfondis sur plusieurs projets au Maroc. Selon les informations rapportées par Hespress, les dossiers examinés représentent une enveloppe initiale d’environ 230 millions de dirhams et concernent des hommes d’affaires et des sociétés liés notamment au Sénégal, au Mali, à la Mauritanie et à la Côte d’Ivoire.
Au centre des vérifications : l’origine des financements, leur cheminement bancaire et leur utilisation réelle. Les contrôleurs cherchent à rapprocher les montants déclarés des dépenses, des équipements et des actifs justifiés par les documents comptables. Certains projets auraient reçu des sommes importantes sans connaître une progression d’activité correspondant aux financements mobilisés. D’autres auraient rencontré des difficultés après avoir bénéficié de transferts conséquents.
Ces constats auraient entraîné un élargissement des examens aux contrats, aux relevés bancaires et aux relations financières entre les entreprises, leurs actionnaires et leurs partenaires. L’objectif serait notamment de déterminer si une partie des fonds a été réorientée vers des opérations étrangères aux projets initialement annoncés.
Une attention particulière porterait sur l’identification des bénéficiaires effectifs de trois sociétés : deux actives dans l’importation de produits cosmétiques et une troisième dans la gestion de restaurants et d’établissements hôteliers. Les vérifications viseraient à établir si l’imbrication de plusieurs structures masque l’identité des personnes contrôlant réellement les capitaux.
Les investigations concerneraient également des transferts effectués après l’arrivée des fonds au Maroc, notamment vers la France et la Belgique. Les contrôleurs examineraient leurs justifications économiques et les pièces permettant de les relier aux besoins des activités déclarées. Le recours à plusieurs comptes, intermédiaires et entreprises apparentées ferait partie des opérations étudiées.
Pour compléter ces rapprochements, les services de contrôle auraient exploité des données de la Direction générale des impôts et utilisé des mécanismes d’échange d’informations avec des organismes de surveillance africains et européens.
À ce stade, les éléments rapportés décrivent des contrôles et des soupçons, sans établir l’existence d’infractions. Les conclusions devront permettre de distinguer les écarts explicables, les irrégularités éventuelles et leurs responsabilités. L’enjeu est de garantir la traçabilité des capitaux et le respect des règles, tout en préservant la confiance nécessaire aux investissements étrangers.



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