La couverture médicale doit se traduire par des soins accessibles, l’école par des apprentissages solides et la croissance par des emplois. Pour son premier grand oral devant les deux Chambres du Parlement, ce lundi 19 octobre, Fatima Ezzahra El Mansouri a présenté un programme gouvernemental qui entend rapprocher les réformes du quotidien des Marocains. Santé, éducation, logement, insertion des jeunes et pouvoir d’achat constituent les principaux terrains sur lesquels son exécutif engage sa crédibilité pour la période 2026-2031.
La cheffe du gouvernement a défendu une orientation fondée sur la continuité des réformes, mais aussi sur la correction de leurs insuffisances. Son programme s’articule autour de sept priorités, associant notamment État de droit, lutte contre la corruption, cohésion sociale et souverainetés stratégiques. L’ambition affichée est de mieux répartir les bénéfices du développement entre les populations et les territoires.
Sur le front sanitaire, l’enjeu est clairement posé : disposer d’une couverture médicale ne suffit pas lorsque le patient peine à trouver un médecin, un rendez-vous ou une prise en charge adaptée. Le gouvernement promet donc de résorber les déficits territoriaux, d’organiser les parcours de soins et de revoir l’accueil des malades, particulièrement aux urgences.
La généralisation de l’assistance médicale urgente, le renforcement des ressources humaines et la création d’un système national unifié d’information sanitaire doivent accompagner cette transformation. L’objectif annoncé consiste à garantir un accès effectif, équitable et continu à des prestations de qualité.
Dans l’éducation, El Mansouri a fixé un premier cap mesurable : porter à au moins 80 % la proportion d’élèves maîtrisant les apprentissages et les compétences fondamentales à l’horizon 2031. L’extension des établissements pionniers, les évaluations régulières, le soutien individualisé et le suivi numérique des acquis doivent servir cette ambition.
Autre engagement majeur : tendre vers « zéro décrochage scolaire » en 2030. Le dispositif annoncé repose sur le repérage précoce des élèves fragiles et leur accompagnement. Pour ceux qui quittent l’école, une solution adaptée devra être proposée, entre réintégration scolaire, formation professionnelle et apprentissage.
Le logement occupe également une place importante dans cette feuille de route. L’exécutif entend dépasser la seule production de logements pour agir sur leur coût, la qualité des quartiers et leur proximité avec les transports, les services et les bassins d’emploi. Aux aides à l’acquisition doit s’ajouter une offre nationale de logements destinés à la location.
En milieu rural, 100 000 logements devraient être construits ou réhabilités durant le mandat, avec une aide directe de 40 000 dirhams par ménage éligible et un accompagnement technique gratuit. Une législation adaptée doit simplifier les procédures de construction et permettre certaines régularisations, sous réserve de sécurité et de respect des droits des tiers.
L’insertion des jeunes constitue un autre test décisif. Évoquant quelque 2,9 millions de personnes de 15 à 29 ans hors de l’emploi, de l’enseignement et de la formation, la cheffe du gouvernement a annoncé un programme national à partir de 2027. Celui-ci prévoit de former 100 000 jeunes par an selon les besoins des entreprises et d’offrir à un nombre équivalent une première expérience professionnelle. Les capacités de formation par apprentissage doivent atteindre entre 150 000 et 200 000 bénéficiaires annuels. L’accompagnement de 60 000 entreprises figure également parmi les engagements.
Sur le pouvoir d’achat, le gouvernement promet une augmentation progressive de l’aide sociale directe pour atteindre 1 000 dirhams à la fin du mandat, ainsi qu’un relèvement progressif du minimum des pensions à 3 000 dirhams mensuels.
Ces ambitions sociales s’inscrivent dans un cadre financier exigeant : une croissance moyenne visée de 5 % entre 2027 et 2031, une inflation autour de 2 % et un déficit budgétaire plafonné à 3 % du PIB.
Le grand oral a donc posé des objectifs et des échéances. Reste désormais à préciser les financements, les étapes d’exécution et les mécanismes d’évaluation. Pour les citoyens, la portée de ce programme se mesurera à des résultats concrets : un malade soigné à temps, un élève mieux accompagné, un jeune recruté et un logement devenu accessible.












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