Vu ce qui se passe en France avec la crise qui secoue les lycées, Faouzi Lekjaa n’est pas allé chercher très loin pour comprendre que l’urgence, en ce moment, est de calmer cette frange de la jeunesse.
Pour ce faire, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique a puisé dans les tréfonds des vieilles recettes afin d’assurer à la cheffe du gouvernement et à lui-même un mandat sans heurts ni revendications exacerbées, en garantissant la paix sociale avec les jeunes. C’est ainsi que, dans son Plan Jeunes, outre le volet du football qui n’est pas le sujet ici, la priorité parmi les priorités reste la formation professionnelle, pour laquelle ce gouvernement veut dépasser toutes les attentes. Trois nouvelles Cités des compétences seront ouvertes, ainsi que 24 nouveaux centres. S’y ajouteront une réforme de la formation continue à mener et à intensifier, ainsi qu’une augmentation des capacités d’accueil de la formation par alternance, qui seront portées à 150 000 bénéficiaires par an : un bond non négligeable à souligner.
De manière plus générale, le ministre insiste, dans ses propositions, sur une nouvelle approche multidimensionnelle, tout en évitant de piétiner les plates-bandes de ses collègues de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, qui suivront de près ses larges promesses dans le cadre de la concertation.
À commencer par la formation professionnelle et l’insertion des jeunes, qui bénéficieront, sur la période allant de 2027 à 2031, d’une enveloppe de 6 milliards de dirhams dans le cadre d’un plan national dédié. Tous ses contours sont encore à l’étude, mais sa présentation ne devrait pas tarder, après une réflexion participative avec les principaux concernés. Un objectif chiffré, qui, espérons-le, ne sera pas aussi chimérique que celui d’Akhannouch, est également avancé, quoique plus modeste : la création de 100 000 emplois par an jusqu’en 2031, réservés aux jeunes. L’ambition affichée est de répondre aux besoins du marché tout en ciblant les jeunes à la recherche d’une première expérience professionnelle.
Pour stimuler la demande, les 12 000 entreprises qui seront impliquées chaque année dans le dispositif bénéficieront d’incitations fiscales, notamment celles qui innovent dans des secteurs porteurs et créateurs d’emplois. Il s’agit de renouer avec une orientation interrompue sous le précédent gouvernement. Pour appuyer et compléter cette politique, qui bénéficiera du soutien du budget de l’État, l’argentier du pays, formé à l’école marocaine, prévoit une enveloppe globale de l’ordre de 121,3 milliards de dirhams pour l’éducation et son volet social. Les objectifs premiers sont de réduire autant que possible l’abandon scolaire, de généraliser le préscolaire, de revaloriser les bourses d’études et de multiplier les internats, surtout dans le monde rural, ainsi que les structures d’hébergement dans l’enseignement supérieur.
Toutes ces bonnes intentions dépendront du financement de ce Plan national pour les jeunes et des moyens qui seront effectivement mis en place. Leur concrétisation dépendra également de l’accueil que le Parlement réservera aux dispositions proposées, des amendements apportés en commission et, surtout, du suivi de leur application sur le terrain.












Contactez Nous