Renforcer les relations avec Moscou tout en plaçant les besoins de l’Afrique au centre du partenariat : c’est le message porté par Fatima Ezzahra El Mansouri, ce jeudi 29 octobre, lors de la séance plénière du troisième Sommet Russie-Afrique. Représentant le Roi Mohammed VI, la cheffe du gouvernement a souligné la progression des liens maroco-russes et plaidé pour une coopération davantage tournée vers les réalisations concrètes.
Devant les dirigeants réunis dans la capitale russe, El Mansouri a rappelé les étapes qui ont consolidé les rapports entre Rabat et Moscou : le partenariat stratégique conclu en 2002, puis son approfondissement à l’occasion de la visite royale de mars 2016. Une trajectoire qu’elle a présentée comme le socle d’une relation appelée à investir de nouveaux domaines.
Selon les chiffres cités dans son intervention, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 630 millions de dollars en 2025, tandis que les exportations marocaines vers la Russie ont progressé de 18 %. La cheffe du gouvernement a également exprimé la satisfaction du Royaume face au maintien des échanges malgré un environnement géopolitique complexe.
L’énergie, les sciences et les technologies figurent parmi les secteurs dont le potentiel reste à développer. Sur le plan diplomatique, cette volonté de rapprochement s’appuie notamment sur un comité de travail réunissant les ministères des Affaires étrangères des deux pays, dont la première réunion s’est tenue en septembre 2026.
Au-delà de la relation bilatérale, l’intervention a surtout mis en avant la place de l’Afrique dans la politique extérieure marocaine. El Mansouri a rappelé que le Roi Mohammed VI a fait du continent une priorité, traduite par plusieurs initiatives structurantes. Parmi elles, le projet de gazoduc africain-atlantique Nigeria-Maroc et l’initiative destinée à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique.
Ces projets portent une ambition commune : rapprocher les économies, améliorer les infrastructures et créer des perspectives de développement partagé. Le désenclavement du Sahel, en particulier, inscrit la coopération dans une logique territoriale et économique qui dépasse les seules relations entre États.
La cheffe du gouvernement a également défendu une Afrique ouverte à l’ensemble de ses partenaires internationaux. Dans cette approche, les différents cadres de coopération doivent se compléter, respecter les choix des pays africains et produire une valeur ajoutée tangible pour leurs populations.
L’enjeu est désormais de donner une traduction opérationnelle aux engagements pris lors des sommets successifs. Sécurité alimentaire, approvisionnement énergétique, industrialisation et transfert de technologies constituent les priorités mises en avant par El Mansouri. Autrement dit, la solidité du partenariat devra aussi s’apprécier à travers sa capacité à répondre aux besoins essentiels et à renforcer les capacités de production du continent.
Le message porté à Moscou dessine ainsi une ligne claire : l’Afrique entend prendre une place plus importante dans les échanges internationaux, en faisant de ses ressources, de sa jeunesse et de sa position géographique les fondements d’un développement mieux maîtrisé. Pour le Maroc, la coopération avec la Russie s’inscrit dans cette ambition continentale, avec l’exigence de transformer le dialogue politique en projets utiles et durables.



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