Présenter des excuses à ses concitoyens, pour un ministre, ne doit plus être une exception, mais une règle édictée clairement et officiellement au sein du gouvernement.
Il est bien que le ministre Azzedine El Midaoui, de surcroît chargé de l’Enseignement supérieur, vivier des élites, présente ses excuses après avoir commis une erreur de langage dans l’enceinte du Parlement et en direct à la télévision, suscitant un torrent de colère. Mais le geste demeure insuffisant lorsque bon nombre de ses collègues, auteurs de dérapages parfois répétés, semblent ignorer les règles de bienséance et de civisme qui leur imposent d’expliquer leurs erreurs et de les reconnaître publiquement. Présenter des excuses à l’opinion publique devrait aller de soi, au risque, sinon, de rendre ce gouvernement impopulaire comme l’a été le précédent.
Au sein même de cette équipe, le ministre chargé du Commerce et de l’Industrie a été maintenu à son poste, auquel s’est ajouté l’Investissement, malgré une déclaration fracassante et difficilement pardonnable qui avait découragé les MRE de venir investir dans leur pays. Ryad Mezzour, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne s’en est jamais excusé. Le voici pourtant chargé de promouvoir aujourd’hui cet investissement qu’il semblait, par ses propos, refuser aux Marocains résidant à l’étranger.
Il n’est pas le seul dans ce cas. Autre exemple incontournable : le ministre de la Justice, dont les sorties devant les professionnels ou l’opinion publique ont été marquées par des excès de langage, des insinuations pernicieuses et des menaces de poursuites judiciaires à l’encontre de ceux qui le contredisent ou lui demandent de retirer des propos déplacés. Le voici également maintenu dans une mission délicate, sans que rien ne laisse présager un changement de vocabulaire ni l’abandon d’un comportement hautain et péremptoire.
La cheffe du gouvernement est appelée à veiller à la cohérence et à la retenue dans la communication de son équipe. Il en va de sa propre image, qui risque d’être écornée par les dérapages de ses ministres, alors même que certains responsables reconduits donnent déjà matière à controverse.












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