Le pouvoir d’achat ne se mesure pas seulement au prix des légumes. Dans les montagnes, il se mesure aussi au bois permettant de traverser l’hiver. C’est par cette évidence qu’Abdelaziz Barik, député de Midelt, a interpellé le gouvernement vendredi, lors de l’examen du projet de loi de finances en commission des finances à la Chambre des représentants.
Issu de Ouled Chaab, le jeune parlementaire développe une argumentation incisive et méthodique, portée par une logique presque philosophique : quelle égalité peut-on revendiquer lorsque les citoyens supportent des obligations comparables sans bénéficier des mêmes services ?
Selon lui, le quintal de bois, couvrant approximativement une semaine de chauffage familial, atteint déjà 400 dirhams et pourrait grimper à 600 dirhams en hiver. Il réclame une intervention contre la spéculation.
Son raisonnement s’étend à la fiscalité : les territoires privés d’infrastructures suffisantes doivent-ils supporter les mêmes charges que les mieux équipés ? Routes dégradées, réparations automobiles et déplacements médicaux composent, dans son intervention, le coût supplémentaire de l’enclavement. Il évoque notamment des transferts en ambulance vers Errachidia facturés autour de 1 200 dirhams.
Lucide et combatif, Barik défend également les jeunes autoentrepreneurs qui, affirme-t-il, accumulent des obligations fiscales et sociales sans avoir démarré d’activité. Il demande un règlement conciliant de ces situations.
Autre contradiction dénoncée : la pomme vendue autour de 5 dirhams le kilogramme à Midelt, contre 15 à 20 dirhams dans les grandes villes, sans bénéfice proportionné pour les producteurs.
Enfin, le député formule de graves accusations concernant un chantier routier de huit kilomètres doté, selon lui, de 35 millions de dirhams. Ces allégations appellent des vérifications et une réponse des responsables concernés.
Son message est clair : la justice territoriale doit quitter les discours pour entrer dans la vie quotidienne.












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