Le Maroc entend tourner la page d’un statu quo qui a trop longtemps enfermé le dossier du Sahara dans une succession de rendez-vous sans issue. Après la non-reconduction du mandat de la MINURSO au Conseil de sécurité, vendredi 30 octobre, le Cabinet Royal a fixé une orientation claire : transformer cette rupture en avancée vers la clôture définitive du dossier aux Nations unies, tout en poursuivant la mobilisation internationale en faveur de l’autonomie sous souveraineté marocaine.
Pour le Royaume, l’heure est venue de dépasser une logique de gestion indéfinie du différend. Trente-cinq années après l’installation de la mission, l’absence de règlement impose une question fondamentale : combien de générations faudrait-il encore condamner à attendre les résultats d’un mécanisme qui n’a pas rempli son objectif initial ?
La réunion du Conseil a révélé un rapport de force significatif. Le projet américain, soutenu par onze membres, a été bloqué par le veto russe. À l’inverse, le texte proposé par Moscou pour prolonger la mission dans son cadre existant n’a obtenu que trois voix favorables, face à l’opposition américaine et à onze abstentions. Sans constituer l’adoption des propositions défendues par Washington, cette configuration montre combien la reconduction à l’identique peine désormais à convaincre.
Le projet américain cherchait précisément à rapprocher le dispositif onusien des perspectives politiques actuelles. Il plaçait la proposition marocaine d’autonomie comme seule base de poursuite des discussions et envisageait de retirer la référence au référendum du nom de la mission. Son rejet empêche ces dispositions d’entrer en vigueur, mais il ne fait pas disparaître l’orientation diplomatique qu’elles traduisent.
La force de la position marocaine réside dans l’existence d’une proposition de règlement concrète. L’autonomie sous souveraineté nationale offre un cadre permettant d’articuler gestion des affaires locales, développement territorial et préservation de l’unité du Royaume. Face à l’enlisement, Rabat défend une perspective politique dont le Cabinet Royal souligne qu’elle bénéficie désormais du soutien de plus des deux tiers des États membres de l’ONU.
À New York, Mike Waltz a exprimé une critique sévère du statu quo. L’ambassadeur américain a dénoncé la répétition de renouvellements sans résultats et les contraintes d’une mission dont, selon les informations qu’il cite, une grande partie de l’activité est absorbée par son propre réapprovisionnement. Cette prise de position rejoint une exigence essentielle portée par le Maroc : un dispositif international doit servir une solution, plutôt que prolonger sa propre existence.
Le Royaume associe toutefois cette fermeté à un engagement de stabilité. Le Cabinet Royal réaffirme son attachement au cessez-le-feu, dans le respect de l’intégrité territoriale, de la sécurité nationale et de la quiétude des citoyens. Le départ attendu des effectifs et des équipements de la mission devra, pour sa part, faire l’objet de modalités opérationnelles précises. Washington appelle également à une transition ordonnée et sécurisée.
L’enjeu humain reste tout aussi pressant. Les difficultés vécues dans les camps de Tindouf, notamment les problèmes nutritionnels des enfants évoqués par l’ambassadeur américain, rappellent le coût de l’attente. Ces populations méritent un avenir qui dépasse la dépendance humanitaire et les blocages politiques.
La non-reconduction ne règle pas automatiquement toutes les dimensions du dossier, pas davantage qu’elle ne retire, à elle seule, la question de l’ordre du jour onusien. Mais Rabat entend en faire un levier pour rompre avec l’immobilisme. Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la priorité demeure de convertir les soutiens diplomatiques en progrès durables.
Le message marocain est désormais sans ambiguïté : l’unité nationale constitue une constante ; la recherche d’une solution doit, elle, avancer. Le temps diplomatique ne peut continuer à se mesurer uniquement au nombre de mandats renouvelés.












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