Le pétrole recule sur les marchés internationaux. Les Marocains attendent désormais de savoir quand cette détente se traduira sur les panneaux des stations-service. Le Brent a terminé la séance du mercredi 4 novembre à 94,62 dollars le baril, en baisse de 8,67 % sur une journée. Une chute qui rend légitime cette question : combien de temps les consommateurs devront-ils encore supporter des carburants aussi chers ?
La dernière révision appliquée au Maroc, le 1er novembre, avait pourtant alourdi la facture du gasoil. À Casablanca, les relevés publiés faisaient apparaître des prix compris entre 16,60 et 17,11 dirhams le litre, selon les enseignes et les stations observées. Sans constituer une photographie des affichages de ce jeudi matin, ces montants illustrent la pression exercée sur les budgets.
Pour de nombreux ménages, la capacité d’absorber de nouvelles dépenses est devenue extrêmement limitée. Le carburant s’ajoute au logement, à l’alimentation, à la scolarité et aux charges courantes. Lorsque les déplacements conditionnent l’activité professionnelle, réduire sa consommation relève parfois de l’impossible. Et la hausse des coûts du transport menace aussi le portefeuille des citoyens qui ne possèdent aucune voiture, à travers ses possibles répercussions sur les marchandises.
Il faut néanmoins poser le débat avec rigueur. Le Brent représente du pétrole brut, dont l’évolution ne correspond pas exactement à celle du gasoil raffiné acheté par les importateurs. Les dates d’achat, le change, le fret, les stocks et la fiscalité interviennent dans le prix final. Une baisse du baril ne permet donc pas de calculer une diminution identique à la pompe dès le lendemain.
Mais cette distinction ne saurait dispenser les distributeurs d’explications. Quels délais séparent leurs achats des ajustements ? Comment répercutent-ils les baisses ? Les consommateurs sont en droit d’attendre des réponses chiffrées et vérifiables.
L’effort doit également concerner l’État. Pourquoi ne pas examiner un allègement fiscal temporaire pour accélérer le soulagement à la pompe ? La taxe intérieure de consommation et la TVA entrent dans la composition des prix des carburants. Une réduction ciblée de ces prélèvements mérite donc un débat public, avec une estimation précise de son coût et de son bénéfice pour les ménages.
Certes, les recettes fiscales financent les services publics et les politiques sociales. Un allègement aurait un coût budgétaire et bénéficierait aussi aux plus gros consommateurs. Ces limites appellent une mesure encadrée, limitée dans le temps et évaluée, plutôt qu’un rejet de principe. L’État pourrait comparer cette option à des aides ciblées afin de retenir le dispositif protégeant le mieux les ménages les plus exposés.
Une condition serait indispensable : chaque centime d’allègement fiscal devrait se retrouver dans le prix payé par le consommateur. Sans contrôle de sa répercussion, l’effort public risquerait de manquer son objectif. Le suivi des coûts d’approvisionnement, des marges et des prix de vente devrait accompagner toute décision.
Les citoyens ne peuvent rester les seuls à supporter les chocs. Si la détente internationale se confirme, elle doit devenir visible dans les stations. Et si elle demeure insuffisante, les pouvoirs publics doivent expliquer quelle contribution ils sont prêts à consentir. Les Marocains attendent une facture supportable, pas seulement une amélioration des courbes du pétrole.












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