La découverte de deux corps dans la forêt dite « 33 », lundi 2 novembre, a déclenché une importante mobilisation sécuritaire aux abords de Mohammedia. Depuis, les recherches ont mis en lumière des campements clandestins et des activités présumées de trafic de stupéfiants. Mais une question demeure sans réponse publique définitive : dans quelles circonstances les deux jeunes hommes ont-ils perdu la vie ?
Située sur le territoire de la commune d’El Mansouria, dans la province de Benslimane, cette partie de la forêt de l’oued Nfifikh est parcourue de nombreux chemins et de zones difficiles d’accès. C’est dans cet espace que les corps ont été retrouvés, avant l’ouverture d’une enquête sous la supervision du parquet compétent.
Des circonstances encore à établir
Les dépouilles ont été transférées au service de médecine légale pour autopsie. Les examens doivent déterminer les causes des décès et éclairer la nature des éventuelles blessures. Selon un témoignage de source sécuritaire recueilli par TelQuel arabe, les deux jeunes auraient auparavant été signalés disparus. Le média précise toutefois ne pas avoir pu confirmer indépendamment certaines informations relatives à leur disparition et à des traces de violence.
Plusieurs publications locales font notamment état d’une grave blessure à la main de l’un des défunts. En l’absence de conclusions médico-légales rendues publiques, ni son origine ni son lien avec le décès ne peuvent être établis. Cette information ne permet donc pas, à elle seule, de reconstituer le déroulement des faits.
Un ratissage de grande ampleur
Dès le lendemain de la découverte, le périmètre des recherches a été élargi. Selon les chiffres rapportés par Le360 et repris par Yabiladi, environ 260 gendarmes, issus des unités de Mohammedia, Benslimane et Bouznika, ont été mobilisés, avec le soutien de 58 membres des Forces auxiliaires. Des chiens policiers et des drones ont également été utilisés pour explorer les secteurs boisés et les chemins isolés.
Les comptes rendus des opérations signalent la découverte de stupéfiants, de motos abandonnées ou incendiées, ainsi que d’un véhicule précédemment signalé disparu à Benslimane. Des abris et des tentes en plastique, soupçonnés d’être utilisés par des personnes impliquées dans le trafic de drogues, ont été démantelés.
Ces découvertes donnent une dimension supplémentaire à l’intervention. Elles ne démontrent cependant pas que les deux décès sont liés au trafic de stupéfiants, ni que les personnes fréquentant ces installations sont impliquées dans leur mort. Les éléments matériels recueillis doivent être examinés et confrontés aux autres résultats de l’enquête.
La sécurité d’un espace naturel en question
Les reportages réalisés dans la forêt montrent des installations précaires dissimulées entre les arbres, des déchets et des traces de fréquentation régulière. Leur présence interroge la surveillance de certaines zones et les moyens nécessaires pour empêcher leur utilisation à des fins illégales. Elle ne constitue pas, en elle-même, une preuve permettant d’identifier les responsables des décès.
Au-delà de l’intervention immédiate, l’enjeu sera d’assurer une présence durable, de mieux contrôler les accès et de préserver la vocation naturelle du site. Une opération ponctuelle, même importante, devra être suivie de mesures empêchant la réinstallation des activités démantelées.
À ce stade, aucun élément ne permet de présenter un mobile, une identité de responsable ou un scénario criminel comme définitivement établi. Les récits de règlement de comptes ou de demande de rançon ne doivent donc pas remplacer les conclusions des enquêteurs.
Pour les proches des deux jeunes hommes, l’attente porte d’abord sur la vérité. Pour les habitants, elle concerne également la sécurité d’un espace dont la découverte des corps a brutalement révélé les zones d’ombre.












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