L’annonce par Israël du lancement d’une procédure de “règlement et d’enregistrement” des terres en Cisjordanie occupée, une première du genre depuis 1967, a déclenché une vague de condamnations onusiennes, arabes et européennes. Adoptée par le cabinet israélien le 15 février 2026, la mesure est perçue par les Palestiniens et plusieurs capitales comme un levier administratif accélérant l’emprise israélienne sur le territoire — et, à terme, une étape vers une annexion de fait.
Le gouvernement israélien affirme vouloir clarifier la propriété foncière et trancher des litiges, accusant l’Autorité palestinienne de procéder à des enregistrements “illégaux” dans des zones relevant, selon Israël, du cadre des accords d’Oslo. Mais pour les détracteurs de la décision, l’opération — fondée sur l’exigence de documents anciens et parfois difficiles à produire — pourrait se retourner contre de nombreuses familles palestiniennes et aboutir à la requalification de vastes superficies en “terres d’État” contrôlées par Israël.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé Israël à revenir immédiatement sur cette démarche, en rappelant la position des Nations unies sur l’illégalité de l’occupation et des mesures qui la consolident. Côté européen, l’Union européenne a également exhorté Israël à faire marche arrière, qualifiant la décision de nouvelle escalade et rappelant que l’annexion de la Cisjordanie est contraire au droit international.
L’ONG israélienne Peace Now parle, elle, d’un “accaparement massif” : la procédure ne viserait que la zone C, qui représente environ 60% de la Cisjordanie, sous contrôle israélien sécuritaire et administratif, avec le risque de voir une part importante de terres basculer au profit des colonies.
Cette décision survient dans un climat déjà tendu, marqué par la hausse des violences de colons et les alertes des instances internationales sur les dynamiques de déplacement forcé et de transformation durable du terrain.










Contactez Nous