Une tension inhabituelle s’annonce sur le marché du gaz butane au Maroc. Les distributeurs de bonbonnes ont décidé de suspendre temporairement leurs activités les 21 et 22 avril, dans un geste de protestation contre ce qu’ils qualifient de dégradation continue de leurs conditions économiques. Une décision qui, bien que limitée dans le temps, pourrait perturber l’approvisionnement dans plusieurs régions du Royaume.
Selon Mohamed Benjelloun, président de l’Association des dépositaires et distributeurs de bouteilles de gaz, les tournées de livraison seront interrompues durant cette période. Si aucune avancée n’est enregistrée, le mouvement pourrait être prolongé jusqu’à quatre jours. Les dépôts resteront toutefois accessibles, permettant aux consommateurs de s’approvisionner directement, dans la limite des stocks disponibles.
Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par une pression croissante sur les marges des distributeurs. Ces derniers dénoncent un cadre de rémunération inchangé depuis 2016, initialement présenté comme provisoire. Depuis, les charges d’exploitation ont fortement augmenté, sous l’effet combiné de la flambée des prix du carburant, des coûts d’entretien des véhicules, des pièces de rechange, ainsi que des charges sociales et fiscales. La crise liée au COVID-19 a également contribué à fragiliser davantage un secteur déjà sous tension.
Face à cette situation, les professionnels affirment avoir multiplié les démarches auprès des autorités, sans obtenir de réponses jugées satisfaisantes. La suspension annoncée est ainsi présentée comme un signal d’alerte, voire un dernier recours pour ouvrir un dialogue jugé urgent et nécessaire.
Du côté des pouvoirs publics, la vigilance est de mise. Réuni à Rabat, le comité ministériel chargé de suivre les répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient a réaffirmé son engagement à maintenir les subventions du gaz butane et de l’électricité. Une mesure destinée à préserver le pouvoir d’achat des ménages face à la volatilité des prix à l’international.
Si le mouvement devait se prolonger, ses répercussions pourraient rapidement se faire sentir au-delà des foyers. Plusieurs secteurs, notamment la restauration, les services ou encore certaines activités artisanales, dépendent fortement du gaz butane pour leur fonctionnement quotidien. Une perturbation durable de l’approvisionnement risquerait ainsi d’amplifier les tensions économiques et sociales.
Dans ce contexte, l’enjeu pour les autorités sera de désamorcer rapidement la crise en renouant le dialogue avec les professionnels, afin d’assurer la continuité d’un service essentiel à la vie quotidienne des Marocains.












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