À Casablanca, le boulevard Zerktouni, l’un des plus longs de la métropole, est devenu depuis plusieurs années le théâtre d’un phénomène qui exaspère riverains et visiteurs. Chaque nuit, à partir de trois heures du matin, l’artère reliant la corniche au cœur de la ville se transforme en véritable circuit de motos rugissantes, au grand dam des habitants.
Près du phare, à l’heure de la fermeture des établissements nocturnes, un rassemblement de motards prend possession de la chaussée. Le vacarme assourdissant de leurs engins, souvent modifiés pour accentuer le bruit des échappements, empêche les riverains de trouver le sommeil. Enfants et adultes sont régulièrement réveillés en sursaut, contraints de subir cette nuisance sonore devenue quotidienne.
Les plaintes se multiplient, et les témoignages, vidéos et enregistrements sonores adressés aux autorités ne manquent pas. Pourtant, le calvaire perdure. Les clients des hôtels qui bordent le boulevard ne cessent eux aussi de dénoncer cette situation intenable, jugeant inadmissible que la tranquillité d’un axe central de Casablanca soit sacrifiée au plaisir d’une poignée de motards.
Le problème ne se limite pas aux nuits. En pleine journée également, certains amateurs de grosses cylindrées s’adonnent au même manège, étalant leur fierté pour des pétarades artificielles qui résonnent dans tout le quartier.
À l’approche d’événements internationaux et face à l’afflux attendu de touristes, cette situation risque d’entacher l’image de la ville blanche. Les habitants appellent à des mesures fermes et rapides : un simple barrage policier à l’entrée du boulevard permettrait de constater l’ampleur du phénomène et de rétablir un minimum de quiétude.
Les autorités locales sont appelées à agir avec fermeté et célérité : la modernisation des grands boulevards et la fierté d’une métropole en pleine mutation ne peuvent cohabiter avec l’anarchie des rodéos nocturnes. Restaurer le calme sur le boulevard Zerktouni, c’est garantir le droit au repos des habitants et préserver l’image d’une capitale économique digne de son rang.
Par Salma Semmar
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