La tension est montée d’un cran ces derniers jours à Casablanca après que trois voitures ont été incendiées dans le secteur de Bernoussi, où vit une importante communauté de migrants africains, régularisés ou non, qui vivent comme ils peuvent.
Très vite, certains membres de cette communauté, en particulier des Sénégalais, ont été pointés du doigt par une partie de la population comme étant à l’origine de cet acte criminel, alors même que l’enquête venait à peine de débuter.
Il n’en a pas fallu davantage pour qu’une vague de rumeurs alarmantes se propage rapidement parmi les personnes concernées. Certaines affirmaient qu’une chasse aux Sénégalais avait commencé, d’autres évoquaient des rafles ciblées dans plusieurs quartiers de la ville. D’autres encore soutenaient que ces actes s’inscrivaient dans une mobilisation de leur communauté au Maroc visant à obtenir, par tous les moyens, la libération de leurs compatriotes emprisonnés à la suite des graves incidents survenus lors de la finale de la CAN, pour lesquels ils ont été condamnés.
Depuis ces événements et le verdict prononcé, les relations entre les deux pays se sont sensiblement tendues, le Sénégal poursuivant des démarches de médiation au plus haut niveau afin d’obtenir leur libération.
Dans ce pays, certains groupes de supporteurs ont même menacé de s’en prendre à la communauté marocaine qui y vit paisiblement. Ils appellent également les Sénégalais installés au Maroc à faire monter la tension afin de peser sur le climat actuel et tenter d’obtenir une grâce royale.
Il reste toutefois difficile de déterminer si ce climat délétère est réellement alimenté par des provocations de membres de cette communauté ou s’il s’agit simplement d’un enchaînement de rumeurs et d’instrumentalisations faisant écho aux appels lancés dans leur pays. Une chose est certaine : pour connaître la vérité, il faudra attendre les conclusions de l’enquête en cours afin d’établir les responsabilités dans ces incendies de voitures survenus dans le quartier de Bernoussi.
Par Jalil Nouri



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