La justice française a condamné, ce vendredi 15 mai 2026, le chanteur marocain Saad Lamjarred à cinq ans de prison pour viol, dans une affaire remontant à 2018 à Saint-Tropez. Le verdict a été rendu par la cour d’assises de Draguignan, dans le sud-est de la France, à l’issue d’un procès tenu à huis clos, conformément à la législation française dans ce type de dossiers sensibles.
Âgé de 41 ans, l’artiste marocain était poursuivi après la plainte d’une jeune femme rencontrée dans un établissement de la célèbre station balnéaire de Saint-Tropez. Celle-ci avait affirmé avoir accompagné le chanteur dans son hôtel avant de l’accuser d’agression sexuelle. De son côté, Saad Lamjarred a toujours contesté les faits, soutenant que la relation était consentie.
Selon les médias français, le parquet avait requis une peine de dix ans de prison. La cour a finalement prononcé une condamnation de cinq ans, assortie d’indemnités financières estimées à 30.000 euros pour la plaignante ainsi que 5.000 euros au titre des frais de justice.
Très affecté au moment du verdict, le chanteur aurait éclaté en sanglots dans la salle d’audience, en présence de son père, le célèbre artiste marocain Bachir Abdou, et de son épouse Ghita El Allaki. Son avocat, Christian Saint-Palais, n’a pas souhaité commenter publiquement la décision judiciaire.
Cette condamnation vient fragiliser davantage le parcours d’une des plus grandes stars de la musique arabe moderne. Né à Rabat en 1985 dans une famille d’artistes, Saad Lamjarred s’était imposé dès 2007 grâce à sa participation à l’émission “Super Star”, avant de connaître une ascension fulgurante dans le monde arabe.
L’interprète de “Lm3allem” avait révolutionné la pop marocaine en popularisant le dialecte marocain à l’échelle du Moyen-Orient. Son tube planétaire avait dépassé le milliard de vues sur YouTube, un record historique pour une chanson arabe.
Durant plusieurs années, l’artiste a enchaîné les succès avec des titres comme “Ghazali”, “Ensay”, “Casablanca” ou encore “Let Go”, remplissant les plus grandes scènes du monde arabe et attirant des foules immenses, notamment au festival Mawazine à Rabat.
Malgré les procédures judiciaires qui ont marqué sa carrière depuis plusieurs années, Saad Lamjarred a continué à bénéficier d’un soutien massif d’une partie de son public, notamment sur les réseaux sociaux où il demeure l’un des artistes arabes les plus suivis.
Cette nouvelle décision de justice risque toutefois de raviver les divisions autour de la star marocaine, entre ceux qui continuent de croire en son innocence et ceux qui estiment que la justice française a tranché après plusieurs années d’enquête et de procédures. Une affaire qui dépasse désormais le simple cadre artistique et qui continue de susciter un immense débat dans l’opinion publique marocaine et arabe.



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