Pour tout think tank, pour tout géopoliticien ou diplomate étranger, la politique de lobbying menée par le département de Nasser Bourita, chef de la diplomatie, reste un grand mystère dont il est difficile de comprendre la manière dont elle est conduite.
Cette réflexion trouve toute sa justification à travers la découverte d’une sombre affaire de brouillage des cartes du logiciel diplomatique marocain, avec le choix de la boîte française de communication Image 7, dirigée par une certaine Anne Meaux, du reste lobbyiste reconnue par les professionnels, pour défendre le dossier du Sénégal contre le Maroc devant le TAS après les incidents de la CAN 2025.
Sauf que cette agence spécialisée dans la communication d’influence travaille, curieusement, pour le groupe OCP et son Université Polytechnique Mohammed VI.
Ce mélange des genres et ce choix hasardeux dans ce domaine laissent perplexe.
Mis à part ce cafouillage, sur lequel ses responsables seront appelés à s’expliquer devant le Parlement, la diplomatie marocaine joue dans la cour des grands pour s’assurer les services de cabinets de renom, aiguillés en ce sens par les ambassades.
Sur le plan strictement diplomatique, il est intéressant de noter qu’une certaine ligne est suivie avec fidélité, qu’il s’agisse de partenaires comme la France, où Rabat s’appuie sur des personnalités de renom ou des élus de la diaspora.
Concernant les États-Unis, après avoir eu recours à d’anciens ambassadeurs américains à Rabat recyclés dans des cabinets de lobbying, le ministère a décidé, en interne, de se rabattre sur un ténor pour choisir le cabinet Brownstein-Hyatt-Farber Schreck, actuellement investi au niveau du Congrès dans l’inscription du Polisario sur la liste du terrorisme international et dans le dossier du Sahara en particulier.
À Bruxelles, auprès des instances européennes, la défense des intérêts marocains est confiée à des entités bien introduites auprès des centres de décision, avec des résultats jusque-là jugés convaincants, comme Boldt BPI Group, un électron libre, Radouan Bachiri, et des personnalités politiques très influentes.
Pour le commun des mortels et les observateurs, le mystère reste entier : qui décide, et comment ? Sur quelles bases et avec quels objectifs ? Et comment s’opèrent le contrôle et l’audit des sommes colossales dépensées, si audit il y a, bien sûr ? Tout cela ressemble à chercher une aiguille dans une botte de foin.
Par Jalil Nouri












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