Alors que les dés des prochaines élections législatives ne sont pas encore jetés, les prévisions concernant les taux de participation ne le sont pas davantage. Mais différents indicateurs montrent déjà aujourd’hui que la mobilisation électorale risque de ne pas être élevée.
Parmi ces indicateurs figure en premier lieu le fossé existant entre les partis politiques et le principal noyau de l’électorat, à savoir les jeunes, pour lesquels les formations politiques ne parviennent pas à favoriser le réflexe du vote. Du reste, le ministre de l’Intérieur a cru bon de mettre les partis devant leurs responsabilités en leur demandant de jouer pleinement leur rôle de sensibilisation en faveur d’une participation massive au scrutin, une mission qui devrait normalement faire partie de leur ADN.
Reste que non seulement il est un peu tard, à trois mois du vote, mais surtout que les partis ne semblent pas préparés à un tel exercice, qui exige hauteur d’esprit et adhésion à une démarche commune, toutes sensibilités confondues. Or, les directions de ces formations politiques donnent souvent l’impression de ne prêcher que pour leurs propres intérêts, loin d’une véritable mission d’intérêt public.
D’autres indicateurs, comme les conditions de vie difficiles d’une large partie de la population, renforcent également ce désintérêt. Beaucoup de citoyens ne considèrent pas que le fait de bénéficier de subventions de l’État crée un devoir de participation à des élections dont les résultats, à leurs yeux, n’amélioreraient pas concrètement leur niveau de vie.
De plus, même si les autorités locales étaient appelées à participer à une campagne d’incitation au vote, rien ne garantit que la démarche serait réellement efficace, tant les relations entre l’administration et une partie de la population ne reposent pas toujours sur la confiance et la recherche du bien commun.
À moins d’assister à un sursaut presque miraculeux, le Maroc semble bien parti pour enregistrer une nouvelle fois des niveaux de participation largement en deçà des objectifs espérés.
Par Jalil Nouri












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