Après avoir annoncé à grand renfort de communication – même si l’intéressé continue de démentir toute adhésion officielle – l’arrivée en son sein de Faouzi Lakjâa, patron du football marocain et ministre délégué chargé du Budget, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) semble miser plus que jamais sur le sport et la jeunesse pour renforcer son attractivité en vue des prochaines élections législatives de septembre.
Le parti vient d’en donner une nouvelle illustration en s’apprêtant, selon plusieurs sources, à investir un très jeune président de club de football de la ville de Taza, Omar Khiari. Ce choix constituerait un véritable pari politique destiné à séduire l’électorat local. Pour ce faire, le PAM serait prêt à écarter certains de ses candidats traditionnels, notables et militants de longue date pourtant solidement implantés dans la circonscription.
Cette stratégie répond à un double objectif : capitaliser sur les bons résultats sportifs du club, actuellement en course pour une accession à l’échelon supérieur, et tirer profit de la popularité de son jeune président. Une manière pour le parti du « tracteur » d’illustrer concrètement son discours en faveur du renouvellement générationnel et du rajeunissement de la classe politique.
Dans cette même logique, Faouzi Lakjâa apparaît comme une figure de premier plan sur laquelle le PAM semble fonder de grands espoirs. Son image, associée aux succès du football national et aux grands chantiers liés à la Coupe du monde 2030, pourrait en faire un atout majeur dans la perspective d’un futur « gouvernement du Mondial », que le parti ambitionne de conduire à l’issue d’une victoire qu’il espère obtenir lors du scrutin du 23 septembre.
Ces deux exemples ne seraient toutefois que la partie visible d’une stratégie plus large. Dans plusieurs régions, des responsables du PAM pourraient proposer aux instances dirigeantes du parti d’autres personnalités issues du monde du football afin de renforcer son attractivité auprès de l’électorat, tout en tournant la page des affaires judiciaires ayant éclaboussé certaines figures du milieu sportif, notamment l’ancien président du Wydad de Casablanca, Saïd Naciri, dont le procès se poursuit depuis plusieurs années.
À l’évidence, cette orientation politique s’inscrit dans une vision à long terme liée à la dynamique créée par l’organisation de la Coupe du monde 2030. Aux yeux du PAM, le football constitue désormais bien plus qu’un simple levier de communication : il représente un vecteur d’influence susceptible d’accompagner un projet politique qui entend s’inscrire dans l’agenda national bien au-delà de l’échéance mondiale.
Par Jalil Nouri












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