Le gouvernement franchit un nouveau cap dans l’encadrement du financement politique. Réuni jeudi à Rabat, le Conseil de gouvernement a validé deux projets de décrets destinés à revoir en profondeur les modalités de contribution de l’État aux campagnes électorales des partis politiques, à l’approche des élections de la Chambre des représentants. Une réforme qui se veut à la fois plus incitative, plus équitable et plus transparente.
Présentés par le ministre de l’Intérieur, ces textes viennent actualiser et compléter le dispositif en vigueur depuis 2016. L’annonce a été officialisée par le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors du point de presse tenu à l’issue de la réunion hebdomadaire.
Une incitation ciblée pour diversifier la représentation
Au cœur de cette réforme figure une volonté claire : encourager une représentation plus inclusive au sein des institutions élues. Les nouveaux décrets introduisent ainsi des mécanismes de financement différenciés, favorisant certaines catégories jugées insuffisamment représentées.
Les partis politiques seront désormais davantage soutenus financièrement lorsqu’ils investissent des femmes, des jeunes de moins de 35 ans, des Marocains résidant à l’étranger ou encore des personnes en situation de handicap. Cette logique d’incitation s’étend également aux candidatures féminines dans les circonscriptions locales.
À travers cette approche, l’exécutif entend pousser les formations politiques à accorder à ces profils des positions éligibles, et non plus symboliques, afin de renforcer leur présence effective dans les instances décisionnelles.
Vers un financement plus équilibré
Sur le plan des modalités, la réforme introduit également des ajustements notables. Parmi eux, la possibilité d’un versement anticipé de la contribution publique, dans des conditions strictement encadrées. Une mesure destinée à permettre aux partis de mieux préparer leurs campagnes, tout en restant alignée avec leur niveau de financement public annuel.
Par ailleurs, une attention particulière a été accordée aux partis n’ayant pas récemment bénéficié de soutien public. Des mécanismes correctifs ont été prévus afin de garantir une certaine équité dans l’accès aux ressources, limitant ainsi les disparités entre formations politiques.
Transparence et modernisation au cœur du dispositif
Le second décret adopté s’inscrit dans une logique de modernisation du cadre réglementaire. Il apporte des précisions sur les dépenses éligibles, renforçant ainsi la lisibilité et le contrôle de l’utilisation des fonds publics.
Le texte met également l’accent sur la transparence, avec des procédures administratives simplifiées et mieux définies. L’intégration des outils numériques dans la gestion des campagnes constitue l’un des apports majeurs de cette réforme, traduisant une volonté d’adapter le processus électoral aux évolutions technologiques.
À travers ces mesures, le gouvernement ambitionne de consolider la confiance dans le financement public des campagnes électorales, tout en favorisant une compétition politique plus juste et plus représentative.










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