Achraf Hakimi n’a peut-être pas signé la finale la plus éclatante de sa carrière, mais il a livré l’un de ces matchs qui racontent mieux qu’un exploit la force mentale d’un grand joueur. Un mois après une blessure à la cuisse, l’international marocain a tenu sa place dans le onze parisien lors du nouveau sacre européen du PSG face à Arsenal, remporté au bout du suspense après un nul étouffant et une séance de tirs au but irrespirable.
Forcément, son retour était scruté. Pouvait-il tenir le rythme d’une finale de Ligue des champions après plusieurs semaines d’absence ? Dans les premières minutes, la réponse semblait incertaine. Hakimi a parfois manqué de précision, de spontanéité et surtout de cette explosivité qui fait habituellement de lui l’un des latéraux les plus redoutables d’Europe. Sur son couloir droit, il a cherché à combiner, à prendre la profondeur, à apporter le surnombre, mais sans toujours parvenir à déstabiliser un bloc londonien très compact.
Pourtant, réduire son match à son rendement offensif serait injuste. Car dans une finale fermée, tendue, où chaque perte de balle pouvait coûter cher, le Marocain a surtout brillé par son sérieux défensif, son volume de course et sa capacité à ne jamais sortir mentalement de la rencontre. Moins spectaculaire, il a été utile. Moins flamboyant, il a été précieux.
Face à un Arsenal discipliné, Hakimi a parfois donné l’impression de chercher son second souffle. Mais il n’a jamais renoncé. Il a multiplié les replis, fermé son côté, accompagné les transitions parisiennes et continué à proposer des solutions malgré la fatigue. Son coup franc obligeant David Raya à s’employer a rappelé qu’il pouvait encore faire basculer une action, même dans une soirée moins inspirée.
Le symbole le plus fort restera toutefois son tir au but transformé avec autorité. Après 120 minutes d’efforts, Hakimi a assumé ses responsabilités au moment où les jambes tremblent et où le mental décide souvent du destin d’une finale.
Ce ne fut pas le grand Hakimi des soirs de domination totale. Ce fut un Hakimi courageux, appliqué, résistant. Un joueur revenu de blessure, moins tranchant mais toujours indispensable à l’équilibre du PSG. Et au bout de cette finale gagnée dans la douleur, il y a une image forte : celle d’un Lion de l’Atlas debout, champion d’Europe une nouvelle fois.
Désormais, Achraf Hakimi va tourner la page parisienne pour se consacrer pleinement à un autre défi tout aussi important : celui de l’équipe nationale marocaine. Après une saison éprouvante mais couronnée de succès avec le PSG, le capitaine des Lions de l’Atlas retrouvera ses coéquipiers pour les deux derniers matchs amicaux de préparation avant le grand rendez-vous de la Coupe du monde 2026. Un chantier de taille l’attend, tant les attentes sont immenses après les exploits du football marocain. Leader incontesté de cette génération ambitieuse, Hakimi sait qu’il devra une nouvelle fois montrer l’exemple et porter les siens vers les sommets. Le défenseur marocain a encore du pain sur la planche, car au-delà des trophées remportés en club, c’est désormais tout un peuple qui attend de lui qu’il guide les Lions de l’Atlas vers une nouvelle page de gloire mondiale.












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