Les revenus de la Russie tirés des exportations de pétrole brut ont doublé entre février et mars 2026, passant de 9,7 milliards à 19 milliards de dollars, selon le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie publié mardi. Cette envolée est directement alimentée par la hausse des prix du brut et l’augmentation des volumes exportés, dans un contexte de crise énergétique mondiale provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
Moscou s’impose ainsi comme l’un des grands bénéficiaires de la fermeture effective du détroit d’Ormuz, qui a étranglé les approvisionnements énergétiques en provenance du Golfe et perturbé les marchés mondiaux. Le prix du brut Oural, principale variété russe destinée à l’exportation, a atteint en moyenne 106,30 dollars le baril lors des 13 premiers jours d’avril, selon les données d’Argus Media utilisées par Moscou pour calculer ses taxes pétrolières, soit une hausse de 42% par rapport à mars. Ce niveau dépasse largement les 59 dollars le baril sur lesquels le gouvernement russe avait fondé son budget 2026, un budget qui affichait un déficit avant le déclenchement du conflit. Selon Bloomberg, les effets de la flambée de mars sur les recettes fiscales russes commenceront à se matérialiser ce mois-ci, en raison du délai d’un mois appliqué au calcul des taxes pétrolières.
L’Agence internationale de l’énergie a par ailleurs estimé la production russe à environ 9 millions de barils par jour en mars, soit 230 000 barils de moins que l’année précédente, tandis que l’OPEP chiffre ce même indicateur à 9,167 millions de barils par jour, un niveau stable après 3 mois de baisse.
Dans ce contexte, l’Agence internationale de l’énergie prévoit un recul de la consommation mondiale de pétrole en 2026, qu’elle qualifie de « pire crise d’approvisionnement pétrolier de l’histoire ». L’offre mondiale a chuté de 10,1 millions de barils par jour en mars pour s’établir à 97 millions de barils par jour, sous l’effet combiné des attaques contre les infrastructures énergétiques du Golfe et des restrictions imposées à la navigation dans le détroit d’Ormuz. La consommation mondiale devrait s’établir en moyenne à 104,26 millions de barils par jour en 2026, contre 104,34 millions en 2025, avec un recul particulièrement marqué au deuxième trimestre estimé à 1,5 million de barils par jour, la plus forte contraction depuis l’effondrement de la demande provoqué par la pandémie de Covid-19.












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