Comme il le faisait à l’époque où il avait pris en main la formation du PAM, l’actuel ministre de la Justice, Abdelatif Ouahbi, donne la nette impression de ressentir un malin plaisir à faire l’unanimité contre lui en voulant changer ce qui ne l’est pas.
Après s’être mis à dos les avocats en grève, qui viennent de voir la réforme de leur profession adoptée au Parlement vendredi dernier, puis les experts-comptables à cause de la réduction de certaines de leurs prérogatives juridiques, c’est désormais au tour des bâtonniers, dernier maillon fort de la chaîne, de monter au créneau. Lassés par un ministre toujours prêt, selon eux, à empiéter sur leur statut et leurs plates-bandes, ils ont décidé, collectivement, d’entamer une grève illimitée qui ne devrait probablement prendre fin qu’après le départ du ministre et, sans doute, jusqu’à la nomination de son successeur avec lequel ils espèrent pouvoir dialoguer plus sereinement.
Car avec l’actuel ministre de la Justice, Abdelatif Ouahbi, ses interlocuteurs — dont il faisait lui-même partie avant sa nomination — ne retiendront de leurs échanges que des portes qui claquent, des vociférations et des coups de poing sur la table accompagnés de menaces. Le climat délétère devrait ainsi perdurer jusqu’à une paralysie durable des tribunaux à travers une longue grève qui fera date, avant qu’enfin les professionnels ne soient reçus par le chef du gouvernement afin que le dialogue soit renoué et que le projet de réforme soit revu, amendé et enrichi par leurs propositions, à leur grande satisfaction, malgré quelques réserves.
Bien avant cette issue espérée, les bâtonniers, qui représentent les avocats et régulent leur profession, ont décidé de prendre le relais de la mobilisation en durcissant le ton et le contenu de leur cahier revendicatif. Une évolution qui ne laisse guère présager d’accalmie pour les derniers mois du mandat d’Abdelatif Ouahbi à la tête du ministère de la Justice, lui qui restera probablement comme l’un des ministres les plus contestés et critiqués par les robes noires.
Par Jalil Nouri












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