La récente arrestation d’un gros poisson de la criminalité transfrontalière et du narcotrafic, précédée par une véritable chasse à l’homme entre Marrakech et Tanger, vient jeter une lumière crue sur un phénomène préoccupant qu’il convient de combattre avec fermeté.
Les arrestations en série de malfaiteurs et de barons de la drogue recherchés par Interpol et par les autorités de leurs pays d’origine, où leurs têtes sont parfois mises à prix, constituent un véritable signal d’alarme. Il faut éviter à tout prix qu’une réputation similaire à celle qu’ont connue les Émirats arabes unis ne s’installe. Le pays du Golfe a d’ailleurs réussi à réduire considérablement ce phénomène en fermant ses portes aux criminels internationaux grâce à une politique de tolérance zéro qui a mis fin à son statut de refuge pour les fugitifs.
Après avoir été traqués dans les pays du Golfe et afin d’échapper aux pièges qui leur étaient tendus, certains criminels européens parmi les plus dangereux, ainsi que des narcotrafiquants d’Amérique latine, auraient porté leur attention sur Marrakech puis Tanger. Munis de faux passeports et de fausses identités, ils y trouveraient des relais, des conseils et des adresses discrètes leur permettant de tenter d’échapper aux services de sécurité. Mais, un à un, nombre d’entre eux finissent par tomber dans les filets des autorités marocaines.
Le Maroc ne recherche ni remerciements ni récompenses pour sa coopération étroite avec Interpol et les services européens. Cependant, son image peut se trouver indirectement affectée par certains articles de presse relatant ces arrestations spectaculaires, au point d’établir parfois un parallèle injuste entre Marrakech ou Tanger et des villes réputées accueillir des criminels en cavale, des faussaires ou des trafiquants recherchés à l’échelle internationale.
Comme une partie de ces individus est d’origine marocaine ou maghrébine, la tentation de l’amalgame est rapide. Certains observateurs en viennent alors à conclure, à tort, que ces criminels bénéficieraient de complicités locales ou d’un quelconque laxisme des autorités marocaines, ce qui les aurait encouragés à transférer leurs activités des Émirats vers le Maroc.
C’est précisément cette perception erronée qu’il convient de combattre sans attendre dans les médias internationaux. Faute de quoi, Marrakech, première destination touristique du Royaume, et Tanger pourraient voir leur image injustement associée à celle d’un nouvel eldorado pour criminels et narcotrafiquants, alors même que les résultats obtenus par les services de sécurité marocains démontrent exactement le contraire.
Par Jalil Nouri












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