Sondage après sondage, scrutin après scrutin, l’extrême droite poursuit sa progression en Europe. En France, le phénomène prend une dimension particulière à l’approche de la présidentielle du printemps 2027. Une enquête Ipsos publiée en juin plaçait les candidats potentiels du Rassemblement national entre 31 % et 36 % au premier tour, nettement devant leurs concurrents.
Pour les Marocains de France, cette perspective ne laisse pas indifférent. La communauté entretient avec l’Hexagone des liens humains exceptionnels et les chiffres officiels en témoignent : en 2025, 13.643 Marocains ont acquis la nationalité française, faisant du Maroc la première nationalité d’origine parmi les nouveaux Français, avec 14,2 % du total.
Que deviendraient ces RME naturalisés dans une France gouvernée par le RN ?
Juridiquement, ils sont Français. Leur nationalité ne pourrait pas leur être retirée simplement en raison d’un changement de majorité. La déchéance demeure encadrée par des conditions extrêmement restrictives, notamment pour certains crimes portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou actes terroristes.
Mais l’inquiétude se situe ailleurs. Elle concerne le climat politique, le regard porté sur les binationaux, l’immigration, l’islam et la place accordée aux Français issus de l’immigration dans la société.
Le sujet est d’autant plus sensible que 621.175 ressortissants marocains, sans compter les Franco-Marocains, disposaient d’un titre de séjour en France fin 2025. Les Marocains demeurent également la première nationalité pour les premiers titres de séjour.
À quelques mois d’une présidentielle qui pourrait rebattre profondément les cartes, une interrogation gagne donc certaines familles : être Français sur le passeport suffira-t-il toujours à se sentir pleinement Français dans la société ?
Par Salma Semmar



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