En l’espace de vingt-quatre heures, la position iranienne sur le détroit d’Ormuz a connu un retournement spectaculaire. Téhéran a annoncé samedi la réimposition de restrictions sur ce passage maritime stratégique, par lequel transite une part considérable du commerce mondial des hydrocarbures, accusant directement Washington d’avoir violé les termes de l’accord qui avait conduit à sa réouverture la veille.
Les autorités iraniennes ont indiqué que le contrôle du détroit était revenu à son état antérieur, précisant que ce passage stratégique se trouvait désormais placé sous la gestion et la surveillance stricte des forces armées de la République islamique. Une formulation sans ambiguïté, qui tranche avec le ton conciliant affiché à peine quelques heures plus tôt.
En effet, le vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait déclaré que le détroit d’Ormuz était pleinement ouvert à l’ensemble des navires commerciaux pour la durée restante du cessez-le-feu, en cohérence avec la trêve en vigueur au Liban. Donald Trump avait aussitôt salué cette décision, y voyant un signal positif dans le cadre des négociations en cours. Araghchi avait précisé sur la plateforme X que le transit des navires s’effectuerait via la route coordonnée annoncée par l’Organisation iranienne des ports et de la navigation maritime.
La situation s’inscrit dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu de deux semaines conclu entre l’Iran et les États-Unis, entré en vigueur dans la nuit du 7 au 8 avril, tandis qu’une trêve distincte de dix jours a débuté au Liban entre le jeudi et le vendredi. Trump avait néanmoins averti qu’il entendait poursuivre le blocus des ports iraniens en l’absence d’un accord définitif, laissant entendre qu’il pourrait ne pas reconduire le cessez-le-feu à son échéance mercredi. À bord d’Air Force One, il avait déclaré aux journalistes qu’il ne prorogerait probablement pas la trêve, tout en maintenant que le blocus, lui, demeurerait en place.












Contactez Nous